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Serieux? [en FRANÇAIS] = Really? [in ENGLISH] *FMG*

Started by Elmanouche, July 20, 2013, 12:14:12 PM

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Elmanouche

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Hello fellow Saradas' forum members.
This is my first story, and in french as it is my mother language.
I might translate it, or if anyone is willing to be my guest.

It is a very classical story, a man in a hard time momemtum is proposed by a friend to take a roommate, as a sort of therapy.
There will be muscles indeed.
Don't hesitate to comment and point me out issues on my text, I'm very open minded and won't refuse help.
Have a good reading, those who understand french that is.
*************************************

Serieux?
par Elmanouche

Chapitre I

   La clé tourna dans la serrure et le petit clic annonçant l'ouverture se fit entendre. La porte s'ouvrit lentement en grinçant, la lumière de la cage d'escalier révélant la silhouette filiforme de Tom en contre-jour. Il tâtonna de sa main droite à la recherche de l'interrupteur, alluma la lumière et claqua la porte d'entrée. L'ampoule basse consommation scintilla quelques secondes avant de s'allumer faiblement, laissant le salon dans une légère pénombre. Il se sentait morose et maugréa contre l'ampoule :
« Tu parles d'un progrès... »
   Tom attendait qu'elle claque pour la changer. Il n'aimait pas les ampoules basse conso, certes la facture d'électricité est 'moins' chère, mais elles se recyclent mal, coute chère, ont une durée de vie moins longue et éclaire mal. C'est son ex qui en était dingue. Il s'affala sur son canapé après avoir jeté au sol son sac à dos. Il ferma les yeux en se massant les tempes, tentant de relâcher la tension qui l'habitait depuis six mois maintenant. Il soupira brièvement, redressa la tête et observa la grande pièce, perdu dans ses pensées.
   Le 'Salon' était dans un joli bordel. La table servant aux repas était couverte de boites de pizza et autres emballages de kebab. Le sol n'avait pas été nettoyé depuis au moins trois mois, de la vaisselle et cochonneries trainaient çà et là. Son appartement était dans un état lamentable, mais il s'en contre fichait. Préférant noyer sa tristesse dans les jeux vidéo en ligne, la fume et l'alcool.
   Tom n'avait pas toujours été dans cet état de morosité dépressive. Mais depuis que sa compagne l'avait quitté six mois plus tôt, il avait complètement lâché prise, assurant tout juste d'aller à son boulot d'informaticien réseau. Il soupira une fois de plus, se leva et alla dans la cuisine pour lancer une cafetière, nettoyant le filtre dans l'évier gorgé de vaisselle salle. Il retourna au salon, sorti le PC de sa veille et se roula un joint.
Il allait passer sa soirée à assouvir sa libido et ses fantasmes : les femmes musclées sous toutes les formes, dessins, histoires, comics et vidéos. Il écumait les sites tels que DTV, FemPower et © Saradas. Mais jamais il n'avait tenté de devenir lui-même un bodybuilder, au moins aurait-il eu un pied dans la machine et aurait eu plus de « chance » de rencontrer des femmes athlétiques. Il n'a pas ce genre de désir et apprécie plutôt ce corps svelte dont la Nature l'a pourvu. Mesurant un mètre soixante-dix-huit et pesant à peine cinquante-sept kilos, Tom est mince, voire maigre, avec une ossature fine. Il savait qu'il ne pourrait pas prendre beaucoup de masse, ayant plutôt une musculature taillé pour l'endurance. Son visage était d'agréable composition, fin,  pommettes saillantes et le regard rieur. S'il avait eu la moindre motivation à se muscler un peu, il aurait pu être un tombeur. Maintenant, il n'était plus que l'ombre de lui-même, se complaisant dans sa solitude et sa dépression, barbe mal taillée et cheveux brun hirsute.

   Cela faisait maintenant deux bonnes heures qu'il trainait devant son ordinateur à jouer, enchainant les joints tout en buvant une bière, lorsque l'interphone sonna. Tom ne bougea pas, continuant sa partie. Deuxième sonnerie.
« Ok ok, j'arrive. » Ronchonna-t-il.
   Il se lève lentement, va à l'entrée et décroche l'interphone :
« Ouais ? »
« Hey Tom ! C'est Karim, tu m'ouvres ?! »
   Karim... Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait vu. Karim est d'origine Tunisienne, mais pas musulman pour un sous. Il boit comme un trou et adore la cochonnaille.
« 'kay... »
   Tom appuya sur le bouton d'ouverture de la porte de l'immeuble, entrouvrit sa porte d'entrée et se dirigea vers le canapé afin de faire un peu de place. Puis il se rendit dans la cuisine et pris deux bières, quand il revint dans le salon Karim était arrivé à bout des trois étages sans ascenseur. Tom lui serra la main, ferma la porte et lui tendit une bière.
« Assieds-toi » commença Tom.
   Karim glissa ses fesses délicatement sur le canapé, se demandant si des cafards allaient en sortir. Se tourna vers le salon et son ami Tom :
« Dis donc, tu te laisses aller.. »
   Tom murmura un « ouais je sais.. » et dévia la conversation sur Karim.
Au bout de la troisième bière et du deuxième pétard, Karim et Tom étaient hilares, se remémorant le bon temps et les (nombreuses) soirées arrosées. Karim avançait bien, son agence de voyage personnalisé marchait du tonnerre et son compte en banque ne criait plus famine. Karim arrêta de rire calmement et se tourna vers Tom, le regardant avec tendresse, ce qui était étonnant de sa part :
« Tu ne t'en remets pas hein ? »
   Tom nota le changement et su de quoi il s'agissait. Il soupira avec abattement :
« Non, pas vraiment » – son regard était à présent empli de tristesse – « et je n'ai même pas envie de m'en remettre. »
   Il finit sa bière cul-sec, se lève en demandant à Karim « Une autre ? »
« Ouais... »
   Karim observait la pièce en attendant sa bière, et voyant Tom revenir ajouta :
« Faut que tu t'bouges ! Réagis mec, j'ai l'impression de te revoir dix ans en arrière, au chômage et toutes tes journées à jouer en ligne... Certes maintenant tu bosses... Mais sérieux regarde... » – Un mouvement de ses bras désignant le bordel dans le salon – « On s'inquiète pour toi ! »
« Ouais ouais... Qui ça 'on' ? » Rétorqua Tom
« Bah, La mèche, Papa, Bob pour commencer. Ils habitent loin, et comme tu réponds plus à tes mails, déjà qu'avant ce n'était pas folichon... »
   Tom ricana en lui coupant la parole « C'est eux qui t'envoient ? »
« Entre autre, oui. Ça fait six mois que tu fais le mort. Écoute, nous aussi on n'a pas compris pourquoi elle t'a plaqué, mais faudrait que tu avances, ou que tu changes d'air. Je pensais même t'offrir un p'tit voyage. Mais j'ai peut-être une meilleure solution pour te 'sortir' de là. »
« Mmmhmm ? Dis toujours et fait moi rire. »
« Tu pourrais trouver un coloc' ? »
   Tom pouffa de rire et s'arrêta quand il vit le visage de son ami :
« T'es sérieux... ? »
« Ben oui, réfléchis-y, ça te forcerait à nettoyer ce bordel déjà. Et rien que ça devrait t'aider à te sentir mieux. Et ensuite tu ne serais plus seul... En plus ton appart' se prête bien à la chose... »
   Tom continuait de regarder Karim, éberlué, mais laissant le temps aux mots de pénétrer son cerveau embrumé d'alcool. Reprenant le joint que Karim lui tendait, il déglutit et répéta :
« T'es sérieux.. ? »
« On ne peut plus sérieux. Et d'ailleurs on va commencer par sortir d'ici, ça pue le fennec ! »
« Hein ?! Non non, j'sors pas... T'es fou. »
« Vieennns ! Y'a un concert pas loin de chez toi, sur les quais, au Café Jazz. Ce sera sympa ! »
   Tom regarda l'heure, il était 21h, un vendredi soir avec rien de prévu le lendemain. Après-tout, quel mal cela pourrait-il lui faire ? Au pire il se mettrait une grosse bitture dans la tronche et c'est marre.
« Ok, j'attrape ma veste. »

   En ce mois de Mai le temps était clément et généreux, il avait fait chaud toute la journée, donc cette soirée s'annonçait douce. Tandis que Tom et Karim marchaient sur les quais, le clapotis du fleuve jouait sa mélodie. Ils arrivèrent en dix minutes devant le Café Jazz. La terrasse, s'avançant jusqu'au bord de l'eau, était noire de monde et le concert avait déjà commencé, les sonorités électriques du Jazz/Rock fusion produit par le groupe envahissait l'espace sonore. Ils étaient montés sur une petite estrade à l'entrée du club.
   Les deux compères se faufilèrent à l'intérieur, et trouvèrent par chance une table pas trop mal placée, ayant une vue sur la petite scène. Ils commencèrent tranquille avec une bière tout en continuant la discussion entamée à l'appartement :
« Tu penses vraiment qu'un coloc' serait une bonne idée ? Regarde comment j'vie... » Commença Tom.
« Justement ! Il faut pas que tu restes seul. »
« Tu l'es bien toi, dans ton appart' »
« Oui, mais j'me bouge, alors que toi, tu te terres. »
   Tom hocha la tête, Karim est un oiseau de nuit, passant ses soirées dans des bars et autres clubs branchés (ou pas) de la ville, finissant la plupart du temps dans des états lamentables et des histoires de culs parfois sordide. Il était rarement chez lui, sauf pour travailler.
   Tandis qu'ils sirotaient leurs bières, une jeune femme tentait de s'extirper de l'intérieur du club, une cigarette à la main, alors qu'elle allait sortir son regard se posa sur Karim.
« Hé ! Karim ! Comment va ? »
   Elle claqua deux bises sur les joues Karim, et se tourna vers Tom qui fit de même poliment.
« Bien et toi ? Lucie, j'te présent Tom, Tom voici Lucie. »
   Tom murmura un timide « Enchanté », et elle enchaina :
« Bah ça va aussi, toujours à la recherche d'un toit pas cher, et c'est galère... Mais viens on continue dehors, faut qu'je fume. »
   Ils se glissèrent dans la foule et arrivèrent devant le parapet au bord du fleuve. Pendant les derniers mètres, Tom observa la jeune femme. Elle était ravissante, environ un mètre soixante-quinze, les cheveux noirs mi-long attachés en queue de cheval. Elle portait un T-shirt sans manche qui révélait bien la forme généreuse de ses seins et la tonicité de ses bras. Sa minijupe moulante ne cachait rien de ses fesses fermes. Tom ne put réprimer un frisson quand ses yeux arrivèrent sur ses belles jambes galbées. Et quand elle se retourna pour allumer sa clope, son visage jovial et souriant s'éclaira à la lueur du lampadaire. Lucie était une bombe.
« Toujours pas d'appart' donc ? » demanda Karim.
« Bah non, ça me gave. Et comme mon boulot est un peu précaire, c'est galère, les proprios me refusent. »
« Et une colocation, t'as cherché ? »
« Carrément, mais faudrait que j'sois moins difficile. Soit c'est trop p'tit, soit le gars ou la nana sont chelous... »
« Haha, bé ça tombe bien, Tom cherche justement un coloc'. »
« Hé attends.. » commença Tom qui ne put finir.
« C'est vrai ?! Il comment l'appart ? »
   Tom jeta un regard perplexe à Karim, qui souriait machiavéliquement. « Il le savait » pensa-t-il.
« Il fait cent vingt-cinq mètres carré, T4, grand salon, deux chambres, un bureau, cuisine à part, un balcon et une terrasse de trente mètres carré. »
« Wow, ça a l'air super, mais j'imagine pas le loyer... »
   Tom n'avait pas réfléchi à combien il pouvait demander, il sortit donc le chiffre qui lui semblait raisonnable, d'autant qu'il ne faisait pas ça pour l'argent.
« 250. »
« Quoi, si peu ?! Faut vraiment que j'le vois... Si c'est possible je peux passer dès lundi prochain ? »
   Il était un peu pris de court, certes il avait posé son lundi de congés, mais n'avait pas prévu de faire visiter son appartement. Et vu le bordel qu'il y avait là-bas... Il s'apprêtait à demander un délai quand Karim intervint :
« Bien sûr, en plus t'as posé ton lundi, non ? »
« Tu vas voir toi... » Pensa l'intéressé « Oui, oui, ok pour lundi alors, plutôt en fin de journée. »
« Super ! La vache, ça me tarde. » Elle finissait sa clope, souriait à Tom « Merci en tout cas, tu lui donnes mon numéro Karim ? »
« Yep. »
« Bon j'y retourne, mes cops m'attendent. A plus. »
   Tom s'accouda au parapet, sirotant sa bière et se tourna vers Karim, qui souriait d'un air satisfait.
« Tu le savais hein ? Tu savais qu'elle cherchait un appart' et que tu la trouverais ici ce soir. »
« Ouaip. »
« Donc tu m'as fait venir exprès pour que je la rencontre. »
« Ouaip. »
   Tom se mit à rire, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas ri comme ça. Karim avait de nombreux défaut, sexiste dans l'âme, il ne trouvait une femme belle à ses yeux que lorsque c'était une bimbo docile. Il prenait aussi toujours la contrepied dans une discussion, même si foncièrement il était d'accord avec son interlocuteur. Ce qui pouvait en surprendre plus d'un, il en était venu à défendre Hitler un soir de grosse beuverie, lui, un Tunisien. Mais quand il s'agissait d'aider ses potes, il était là et on pouvait compter sur lui. Comme il l'avait ce soir avec Tom. Et tandis qu'ils retournaient à leurs places dans le club, Tom se demandait comment ça aller se passer.
« Arrrrgggg, putain le ménage de fou qui m'attends !! »


   De drôles d'odeur se pressaient à ses narines, et comme une barre de douleur vibrait au fond de son crâne. Tom entrouvrit les yeux difficilement, regarda son horloge, 14h30. Il soupira et se leva, manqua de trébucher en marchant sur des vêtements qui trainait et se dirigea vers la cuisine. Tandis que le café coulait, il essayait de se remémorer la soirée d'hier.
   Ils étaient partis du concert vers 1h du matin et étaient allés dans un autre club, le Driver, puis ça devenait juste brumeux dans ses souvenirs, seulement que vers les 7h du mat', il faisait jour, et ils étaient dans un club miteux où Karim essayait de se choper une bimbo imbibée d'alcool. Tom fronça les sourcils :
« J'ai vomi ? » Se demanda-t-il en soufflant dans sa main, il fit une grimace et tira la langue.
« Ouaip, j'ai vomi... »
   Un tour dans la salle de bain pour se rafraîchir et se laver les dents, puis retourna boire son café. Il commençait à se sentir mieux et rêvassait sur son canapé quand l'interphone se mit à sonner.
Il alla de suite décrocher :
« Ouais ? »
« C'est Karim »
« 'kay. »
   Karim semblait en forme, il faut dire qu'il a l'habitude de ce genre de soirée, et alla directement se servir un café. Il revint dans le salon, tout sourire :
«  Alors, la forme ? »
« J'suis claqué, mais ça fait du bien de se défouler comme ça. »
« Haha, tu m'étonnes, encore du jus pour le grand ménage ? »
   Tom s'arrêta de sourire et failli s'étouffer avec le café. Il toussota plusieurs fois :
« Oh putain... J'avais complètement zappé... »
« Je m'en doutais bien, c'est pour ça que je suis venu. Et te filer un coup de main aussi, je t'ai un peu forcé la main hier. »
   Tom se rendit compte à ce moment à quel point il avait dû inquiéter ses amis, car Karim n'était pas du genre à faire le ménage chez les autres, déjà que chez lui ce n'était pas folichon. Il se leva et alla serrer la main de son pote.
« Cool, merci beaucoup. Et... Désolé de vous avoir donné du souci. »
« Oublie ça et au boulot, on a plus qu'un jour et demi pour remettre ton appart en état. »

   Ils étaient rincés, ça faisait presque deux jours qu'ils récuraient, nettoyaient, frottaient sans arrêt. Karim avait failli vomir quand il commença la vaisselle, Tom crût défaillir en faisant les chiottes. Mais par ce joli lundi de Mai, alors qu'ils prenaient un café bien mérité, l'appart était nickel, rangé et surtout propre.
« Tu restes pour la visite de Lucie ? »
« Heh, nan, je pense que j'ai fait ma part du boulot non ? Tu te démerdes ! » Rétorqua Karim avec un grand sourire.
« Haha, clair, j'comprends, merci en tout cas. »
« N'en parlons plus. Bon j'me casse, faut qu'j'aille dormir pendant trois jours au moins. A plus ! »
« Bye rentre bien. »
   Tom rinça les tasses puis sorti faire trois courses.


   Alors qu'il revenait du supermarché, les bras plus chargés qu'il ne l'aurait cru, il arriva devant la porte de son immeuble et Lucie était là tranquillement en train d'attendre.
« Ah, salut Lucie, désolé, je suis sorti faire des courses et ça a pris plus de temps que prévu. »
« Pas de souci, un coup de main ? »
« Pas de refus. »
   Tom l'observa tandis qu'il ouvrait la porte, sans le vouloir il lui avait donné le sac le plus lourd, mais elle le portait sans broncher. Elle passa devant dans le corridor, elle portait un jean slim qui semblait tendu et avoir du mal à contenir ses cuisses. Lucie avait l'air très athlétique, mais Tom ne saurait dire si elle était musclée ou non, en tout cas la curiosité commençait à le piquer.
   Il ouvrit la porte de son appart', alla dans la cuisine et posa les sacs.
« Voilà donc mon 'petit' chez moi. »
   Lucie posa son sac à son tour et retourna dans le salon, observant la pièce.
« Wooaa, c'est vachement lumineux ! »
   Tom lui fit le tour du propriétaire, lui montrant les commodités, sa peut-être future chambre. Pendant ce temps Lucie acquiesçait et restait admirative. Et au bout d'un petit quart d'heure ils retournèrent dans le salon, une bière à la main.
« Alors, qu'en penses-tu ? » Demanda Tom.
« Tu rigoles ? Où est-ce que je signe ? Sérieux, tu ne payes que 500€ de loyer pour cette appart' ? »
« Hmm ? Non, il est à moi. »
« Oh... Mais alors pourquoi un coloc' ? » Lucie semblait perplexe d'un coup.
   Tom se racla la gorge et semblait gêné.
« Disons que je passe un moment difficile et euh... » Il cherchait ses mots « Je me terrais un peu, du coup Karim a pensé que ce serait un bon moyen de me faire bouger. » Tom avait l'impression de se servir d'elle et se sentait pas à l'aise. Il allait rajouter quelque chose quand il vit qu'elle lui souriait avec sympathie :
« Ok, tu me raconteras ça un jour. Par contre... » Elle s'arrêta.
« Oui ? »
« Je refuse de payer 250. »
« Oh, c'est trop ? »
« Non ! »Dit-elle en éclatant de rire. « Ça va pas ? 300. »
« Euh... Ok. Ça veut dire que t'acceptes ? »
« Ouais, ton appart' est trop bien ! Tu dois être pété de thunes ! »
« Haha, oui et non, disons que j'ai eu de la chance au loto. Pas le Jackpot, mais suffisamment pour me faire plaisir. » Expliqua-t-il « Est-ce que... Tu as des règles de collocation en particulier ? Ma dernière collocation était avec Karim, ça compte pas. J'suis donc un noob à ce niveau.»
« Non, pas vraiment. Simplement le respect de l'intimité de l'autre je suppose. » Elle réfléchit deux secondes et ajouta « Et pas de sexe entre nous. »
   Elle avait ajouté ça, plus pour se convaincre elle-même qu'autre chose, car elle trouvait Tom très à son goût, peut-être un peu trop mince, mais quand il posait son regard tourmenté et ténébreux sur elle, elle avait des frissons. Tom se leva et tendit sa main :
« Affaire conclu alors, tu emménages quand tu veux. »
« Affaire conclu. » dit-elle en prenant sa main.
   Tom alla fouiller dans son bureau et revint avec un petit trousseau de clés.
« Tiens, comme je te l'ai dit tu viens quand tu veux. Je bosse toute la semaine, donc je ne pourrai pas t'aider, sauf le soir. »
« T'inquiète pas, je viens avec le minimum, tu as déjà tous ce qu'il faut. » Elle regarde sa montre. « Oh déjà 18h ?! Faut que je file, j'ai ma session de muscu. A demain très certainement ! »
   Elle lui tapa vite fait la bise et fila en vitesse, laissant Tom incrédule sur la chaise.
« La muscu... ? Sérieux... ? »
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

Elmanouche

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"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

Elmanouche

Chapitre II

   Cela faisait deux mois maintenant que Lucie avait emménagé chez Tom, et la collocation se déroulait comme un charme. Ils avaient très vite su trouver l'équilibre dans leurs vies respectives. Mais les plus grands changements venaient de Tom, qui se sentait beaucoup mieux. Il était souriant, avenant et ne laissait plus les choses trainer, du moins pas trop longtemps. Il passait encore beaucoup de temps sur son ordinateur, mais ça ne dérangeait pas Lucie, qui se trouvait être aussi une joueuse.
   Tom était tout de même fébrile en présence de Lucie, il se demandait encore dans qu'elle mesure elle se 'musclait'. Il n'avait osé aborder le sujet, et n'avait bien sûr pas parlé de son attirance pour les femmes culturistes. Lucie ne remarquait pas ce malaise, mais elle y allait doucement sur ses entrainements, ne voulant pas trop prendre de masse de peur de faire fuir Tom. Elle le trouvait très attirant et commençait à regretter la règle 'pas de sexe entre nous', d'autant plus maintenant qu'elle voyait comment il était plus 'vivant'.
   Ils étaient attablés, en train de manger un repas préparé par Lucie, haricots verts à la vapeur avec des pommes de terre et filet de poulet juste revenu avec une noix de beurre pour le goût. Lucie observait Tom alors qu'il mangeait tranquillement, et ne put s'empêcher de penser qu'il était un peu trop mince.
« Dis Tom. T'as jamais pensé à t'épaissir un peu en faisant de la musculation ? »
   L'intéressé failli s'étouffer, se demandant où elle voulait en venir.
« Euh, j'y ai pensé oui. Mais je n'ai jamais osé. Tu me trouves trop mince ? »
   Ce fût au tour de Lucie d'hésiter dans sa réponse.
« Non, enfin... Je me disais que tu te sentirais peut-être mieux... » Elle avala une bouché de poulet avant d'enchainer « Tu pourrais venir essayer, avec moi. »
   Elle guetta sa réaction, il semblait avoir du mal à déglutir, il but un peu d'eau. Les pensées de Tom fusaient dans tous le sens : « Je la verrai s'entrainer ? Oh la vache...»
« Hum, ben, pourquoi pas... Je suppose. » Bredouilla-t-il.
« Essaie une ou deux séances, je te coacherai bien sûr. En plus, là où je m'entraine, c'est une petite salle, pas beaucoup de monde. Ce sont des powerlifters pour la plupart. »
« Oh, tu ne t'entraines pas là où tu bosses ? »
   Lucie était coach à mi-temps dans un centre de fitness.
« Non. Trop bruyant et trop de monde. Alors tu veux bien essayer ? »
   Tom venait de finir son assiette, il jubilait.
« Ok, j'avais plutôt vu le Badminton pour me remettre au sport, mais un peu de muscu peut-être pas mal. » Dit-il en souriant.
« Cool, je m'entraine le lundi et le jeudi soir pour le moment, ça te va ? Je fais des joggings les mardis et vendredis matins aussi. » Dit-elle tout sourire.
« Ça me va. Je ne pourrai pas venir pour courir par contre. »

   Deux jours plus tard, un lundi soir, ils arrivaient devant le club de gym. Pendant tout le trajet, Lucie lui avait parlé avec enthousiasme de ce qu'ils allaient faire, des gens qu'il y avait là-bas, de l'ambiance qui y régnait. Tom était triplement content. D'abord parce qu'il allait voir Lucie en action, ensuite il se disait que peut-être, à trente-trois ans, il allait enfin passer la barre des soixante kilos. « Vieux motard que jamais » pensa-t-il en rigolant. Et enfin, Lucie semblait heureuse de l'emmener dans son univers, la fonte.
Tom observa l'enseigne et l'entrée qui ne payaient pas de mine. Juste une plaque avec écrit : « Patrick's Gym – Powerlifting ». Une porte vitré qui s'ouvrait en grinçant suivi d'un étroit couloir. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, Tom entendait des sons de métal qui s'entrechoque et 'The Dark Side of the Moon' des Floyd en fond sonore. Première bonne nouvelle, car il avait peur que ce soit la techno/dance à fond les ballons qu'il avait pu entendre au centre fitness où travaillait Lucie.
   Ils passèrent une deuxième porte et arrivèrent directement dans la salle. Une odeur de transpiration flottait dans l'air et titilla les nasaux de Tom, mais elle disparut bien vite quand il prêta un peu plus attention à la salle. Il y avait seulement trois personnes en train de s'entrainer, deux hommes et une femme. Tom essaya de ne pas faire attention à la femme, mais il lui semblait bien qu'elle était plutôt baraquée. Quand Lucie et lui entrèrent, le plus massif des deux hommes leva la tête de son banc de développé couché, raqua l'énorme haltère et se leva tranquillement pour accueillir les nouveaux venus. Tout en marchant il fit quelques étirements, son t-shirt tendu sous la pression de ses muscles. Tom n'avait jamais vu un gars aussi balèze. Il devait faire son mètre quatre-vingt-dix et ses cent-vingt kilos.
« Tiens Lucie ! Tu ramènes ton p'tit copain ? » Demanda la montagne de muscle.
« Hein ? Euh non... C'est mon coloc'. » Dit-elle en rougissant. « Comme tu le vois il aurait bien besoin de s'épaissir un peu. »
   Le géant fit la bise à Lucie avant de tendre sa main énorme vers Tom.
« Patrick. »
   Tom la serra et senti sa main se faire aplatir.
« Tom, enchanté. » Répondit-il en essayant de faire bonne figure malgré sa main qui souffrait le martyr.
« Alors comme ça tu veux 't'épaissir' ? »
Il marqua les guillemets de ses doigts en disant épaissir. Tom nota le tutoiement direct et répondit.
« Effectivement, c'est une idée de Lucie évidemment, mais elle m'a beaucoup vanté ton club, et c'est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Je risque pas d'être comme toi, mais quelques kilos en plus me feraient pas de mal. »
   Le géant ricana :
« Ah ça c'est sûr, t'as pas la morpho pour ! Je suppose que t'es archi-débutant ?»
« Euh oui. »
   Tom n'osa pas dire qu'il avait regardé tellement de bodybuildeuses en train de s'entrainer qu'il connaissait quand même un peu. Patrick se gratta la tête quelques instant, regarda Tom puis Lucie, puis revint vers Tom. Pour finalement se diriger vers un sac à dos en grommelant « Ah lala » pour en sortir un cahier et un stylo.
« Bon ok. Nous sommes le 21 juillet 2014, ton mois gratuit commence maintenant. Après c'est 40€ par mois. Ouvert de 15h à 23h, du Lundi au Samedi. Si tu veux venir le matin il faut la clé, mais la clé j'la donne pas aux débutants... »
« Je ne viendrai qu'avec Lucie de toutes façons... » Intervint Tom.
« T'as bien raison ! Pour les vestiaires, ce sont les portes du fond, à gauche les femmes, à droite pour toi. Les commodités sont dedans. Et dernière règle, pas touche à la musique, c'est bibi qui gère. Est-ce que ça te va ? »
« Ça me va ! »
«Ok, tope m'en cinq ! Bon Lucie, je te laisse t'occuper de lui, tu sais faire. Bon entrainement et bienvenue Tom Pouce ! »
   Et il retourna à ses haltères. Tom le regarda s'éloigner, se tourna vers Lucie baissant la tête en rigolant :
« Tom Pouce ? »
   Elle pouffa de rire : « Ça te va bien je trouve ! »
   Ils allèrent se changer et commencèrent l'entrainement. Quand il ressorti des vestiaires, Lucie était déjà prête et était en train de chauffer ses articulations. Elle portait une brassière avec un t-shirt ample par-dessus ainsi qu'un short cycliste moulant parfaitement ses fesses. Tom apprécia la puissance qu'elle dégageait et la rejoignit pour l'échauffement.

   Tom était aux anges, Lucie était incroyable. Il savait qu'elle était plus forte que lui, mais pas à ce point-là. C'est bien simple, elle soulevait le double que ce que pouvait faire Tom, et encore, elle faisait plus d'habitude mais ne voulait pas, encore une fois, lui faire peur. La session qu'ils firent était un entrainement de force pour le haut du corps, des exercices simples avec peu de répétitions, cinq séries de cinq répétitions généralement, et proche de leurs maximum. Ils enchainèrent donc les développés couchés, au sol et banc, quelques curls, des triceps pushdown, développés inclinés. Le tout suivi par des séries d'abdominaux, crunch et de pompes. Classique.
   Au bout d'une heure, Tom commença à tirer la langue, il sentait son haut du corps bruler un peu. Mais il était content et il avait pu voir Lucie à l'œuvre. La voir faire un développé couché à soixante kilos fût impressionnant, surtout lorsqu'il s'imagina être à la place de la barre. Ou lorsqu'elle fit des curls à trente kilos alors qu'il passait juste les quinze. Elle profita d'ailleurs de cet exercice pour tester Tom. À la fin de la dernière série, elle fit une pose double-biceps, Tom regarda admiratif, estimant ses biceps à plus de trente centimètres et tentant de cacher l'envie qu'il avait de les toucher.
« Joli ! » dit-il.
« Merci. » Elle avait espéré plus, mais se contenta de ce commentaire.
   Ils finirent la session tranquillement, prirent leurs douches et s'apprêtèrent à partir lorsque Patrick sorti d'une porte de l'autre côté de la salle. Se dirigeant vers eux.
« Alors Tom Pouce ? T'as survécu ? » Demanda-t-il rigolard.
« Oui oui, et ce fût très bien. Lucie est une bonne coach. »
« Ah ça je te le fait pas dire, et elle a un sacré potentiel aussi... »
   Lucie se mit à rougir, et se tenant derrière Tom, fit signe à Patrick de coupé court.
« Bon, en tout cas tant mieux, à Jeudi alors ? » demanda le géant.
« À jeudi, bonne soirée. »

Le lendemain, Tom fût pas mal courbaturé, ils avaient pourtant fait de bons étirements après l'entrainement. Heureusement que sa journée de travail se passa au bureau, il aurait eu du mal à se déplacer chez un client. Mais la douleur s'en alla assez vite. Le jeudi suivant ils travaillèrent le bas du corps, squats, soulevés de terre, legs extension, legs press, plus un travail des mollets et des fessiers. Tom ne fut pas étonné de voir Lucie faire cent kilos au squat, alors qu'il coinça à quarante-cinq. Elle avait de sacrés jambes. Après le set de squat, elle posa le bras sur les épaules de Tom qui reprenait son souffle :
« Tu sais, quarante-cinq kilos, vu ta corpulence et que tu es débutant, c'est déjà pas mal ! »
« Merci ! » Répondit Tom. Il acceptait le compliment avec plaisir, car il savait qu'il n'y avait pas de miracle. Il devait aller à son rythme et pas chercher à en faire trop.
   Quand ils rentrèrent de l'entrainement, Tom cuisina le repas, copieux, car ils étaient affamés. Après le diner, ils s'affalèrent sur le canapé, fumant un joint et papotant de l'entrainement qu'ils avaient eu plus tôt. 'The Roaring Silence' de Manfred Mann's Earth Band tournait sur la platine vinyle. Lucie avait le cœur qui battait la chamade, elle ne pouvait s'empêcher de jeter des regards furtifs à Tom. Elle s'était habillée léger, une chemisette ample, pas de soutien-gorge et un shorty laissant ses jambes puissantes en évidence. Une tension sexuelle régnait dans la pièce, tandis que Tom continuait :
« ...mes jambes vont être dures comme des bout de bois demain, je le sens. »
   Il s'arrêta, tira une latte sur le pétard, et observa du coin de l'œil Lucie, il voyait qu'il y avait quelque chose de bizarre, mais ne sentait pas quoi. En tout cas, il cherchait le plus possible à cacher l'érection qu'il avait, car elle était drôlement sexy dans cette tenue, la chemise mettant en valeur les formes athlétiques de son corps, et ses seins généreux qui pointaient sous le tissu n'arrangeait rien à l'affaire.
Il fit un signe de la main montrant qu'il voulait passer le joint. Elle hocha la tête tout en répondant :
« Si tu te refais une série d'étirements avant de te coucher, ça devrait passer. »
   Elle s'était approchée pour attraper le pétard, sa tête se retrouvant à une cinquantaine de centimètres de la sienne. Les yeux verts de Lucie venaient de rencontrer ceux, brun et sombre, de Tom qui la regardait comme hypnotisé. Elle entrouvrit ses lèvres pulpeuses, humide de désir. Le temps sembla s'arrêter. Et d'un mouvement rapide, elle planta ses lèvres sur les siennes, expirant de plaisir. Tom resta coi, puis se laissa emporter par le baiser. Au bout de quelques secondes, Lucie ouvrit les yeux, rompit le contact, se rassit rapidement, haletante.
   Elle rougit, tentant de cacher ses tétons qui pointaient à travers sa chemise.
« D-désolée... » Bredouilla-t-elle.
« Ne-Non... C'est moi. Je... hum. » Tom se racla la gorge et se passa furtivement la langue sur ses lèvres, essayant de sentir le goût de Lucie.
   Elle fuyait son regard, sachant que si elle le recroisait, elle lui sautait dessus :
« Oublions ça... Enfin, il s'est rien passé. » Tenta-t-elle de se convaincre.
« Je... Je n'peux pas. »
Elle tourna la tête doucement, il la regardait tendrement. Elle avait craqué.
« On fait quoi alors... ? »
« Je ne sais pas. Mais ce que je sais c'est que je meurs d'envie de recommencer... » Il se surprit à dire ça, mais dans le même temps, assumait complètement. Il savait qu'il ne pouvait pas la forcer, étant facilement deux fois plus forte que lui, mais elle avait trébuché et fait le premier pas.
Lucie le fixait du regard, ses yeux verts brulant de désir, mais fût surprise lorsqu'il se redressa légèrement, sa tête s'approchant de la sienne. Ce fût Tom qui posa ses lèvres sur celle de Lucie, qui se laissa emporter.

   La nuit avait été torride, c'est le sourire niais aux lèvres que Tom parti au travail le lendemain. Le sourire niais, mais des grimaces quand même, car les courbatures furent plus handicapantes que pour le torse, il avait du mal à marcher et ses collègues de boulot se moquèrent de lui.
« Bah alors papi ! On a du mal c'matin ? »
   Il rigola avec eux, Tom avait toujours su faire preuve d'autodérision, et l'acceptation de ce qu'il est. Il n'avait fait que deux séances, et pourtant il savait déjà qu'il continuerait à y aller. Il voulait vraiment passer les soixante kilos sur la balance et surtout s'entrainer avec Lucie. Il se remémorait la nuit passé avec elle, ses muscles qui vivaient sous sa peau douce et claire. Ce fut puissant, intense, passionnel. Et de la même manière qu'ils s'accordaient bien dans la vie de tous les jours, le sexe se fit en harmonie, sans parole, le dialogue passant par le corps. Il n'y eu pas de dominant ou dominé, bien que Lucie aurait très bien pût prendre avantage de par sa force, seul le plaisir mutuel fût au centre des ébats.
   Et tandis que Tom rêvassait au boulot, il se demandait ce que cela pourrait donner si elle prenait plus de muscle.


Ce vendredi soir, ils venaient de diner et Tom, la vaisselle faite, entra dans le salon, il regarda l'heure.
« Oh, déjà 20h, faut que j'y aille, Karim m'attends. Je rentrerai tard je pense. »
   Elle rigola « Oui j'imagine. Je peux utiliser ton ordi pour jouer un peu ? »
« Bien sûr. » Tom attrapa ses clés et s'approcha gauchement de Lucie ne sachant comment lui dire au revoir. Il voulut poser une simple bise sur sa joue, mais elle tourna la tête et l'embrassa.
« Bonne soirée » Dit-elle en souriant.
« Oui, euh... Toi aussi. » Il rougissait sec, et fila.

   Lucie s'installa devant le PC et commença pour regarder ses mails. Puis se mit à surfer un peu sur des sites d'entrainements et de nutrition, quand elle regarda un peu les sites de Tom, par curiosité. C'est alors qu'elle tomba sur un dossier de favoris appelé 'Wizzz'.
« Tiens, y'a quoi la dedans ? »
   Le dossier en question contenait tout un tas de lien menant à des sites d'admirateurs de femmes musclées, © Saradas, The Muscles of Dee-Kay, Saradas forum, un profil DA, etc. Elle trouva même des histoires qu'il avait écrites. Lucie regardait ça bouche bée, et ne put s'empêcher d'explorer ces sites. Il y en avait pour toutes les tailles, tous les goûts. Mais elle se rendit vite compte que ce qui lui plaisait le plus était les femmes les plus musclées possibles. Ça allait de la réalité avec Alina Popa, Aleesha Young ou Colette Guimond jusqu'à la fiction avec des filles qui ont des muscles hors normes.
« Putain, mais qu'est-ce que je fou ! »
   Lucie s'arrêta soudain, et ferma le navigateur. Elle était tiraillait entre deux sentiments. D'abord elle se sentait coupable parce qu'elle avait 'violé' un jardin secret. Mais d'un autre côté, elle jubilait, car elle-même rêvait de devenir la plus musclée et forte possible, elle avait d'ailleurs rejoint ce club de powerlifting pour ça. De plus, elle sentait bien qu'elle était faite pour ce sport. Elle avait une ossature un peu forte et une prise de muscle rapide. Elle avait commencé à soulever lourd un mois avant de rencontrer Tom, et en seulement trois mois et deux entrainements par semaine, elle avait fait de gros progrès, augmentant de moitié tous ses meilleurs soulevés. Patrick, le gérant, n'attendait que ça d'ailleurs, qu'elle s'entraine à fond. Il estimait qu'elle avait un sacré potentiel. Mais elle n'avait pas osé, à cause de Tom. Mais maintenant...
   Elle resta cinq bonnes minutes à bloquer devant l'écran, pour finalement l'éteindre, elle n'avait plus envie de jouer. Elle se roula une cigarette, attrapa son téléphone et alla sur la terrasse tout en composant un numéro. Au bout de quelques secondes une voix répondit :
« Allo ? »
« Salut Patrick, c'est Lucie. »
« Je m'en suis douté, comment va Tom Pouce, il peut marcher ? » Demande-t-il en rigolant.
« Oui oui, c'est un endurant. Il s'en remettra. Mais je t'appelais pas pour ça. »
« J'pense bien. »
« Je suis prête. »
   Patrick ne répondit rien, le silence semblait indiquer qu'il réfléchissait aux implications de cette phrase. Il entendit Lucie exhaler une bouffé. Et après une vingtaine de secondes de silence :
« Ok. Tu commences quand ? »
   Lucie sentit dans sa voix qu'il était impatient et content :
« Dès la semaine prochaine bien sûr. »
« Sérieusement ? »
« Je suis on ne peut plus sérieuse. »
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

El_Roy_1999

Pour quoi est-elle prête?
Le suspens est tangible!
J'aime très bien, s'il vous plaît, continuez!
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Elmanouche

Oh, tu parles un peu français!
Anyway, thanks, from such a good writer as you I'm flattered.
As for what she's ready for, I think you'd could guess  ;)
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Georges Abitbol

El_Roy_1999

J'avais la possibilité de l'apprendre dans ma jeunesse, bien que ca fasse un moment. Aussi, je n'ai pas de cédille sur mon clavier.
(I had the chance to learn it when I was young, even though that's been a while. Also I do not have the "cédille", a little "z" to put under the "c" under certain circumstances, on my keyboard.)

Thank you for the compliment, I'm eager for a continuation!
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Ozzyfm

Salut camarade!

Super, encore un français amateur de femmes musclées! C'est tellement rare d'en croiser... et encore plus rare de lire d'aussi bonnes histoires comme celle ci!

Bravo! J'attends de lire la suite avec impatience!

(au fait, peut etre connais tu mon blog You are not allowed to view links. Register or Login j'y poste quelques histoires en français, en anglais et pas mal de dessins. Bon, ça fait quelques temps que je n'y ai rien mis.. Mais je réfléchis à un nouvelle histoire! ;) )

Elmanouche

Merci Ozzy !
Content que ça te plaise.
Et oui je connais ton blog. Dommage que tu ne sois plus trop actif.  :(

Sinon, la suite devrait arriver bientôt.
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Georges Abitbol

Elmanouche

******************************
Bon ça a pris plus de temps que prévu, mais je n'arrivais pas à tourner ça comme je le voulais.
En tout cas, voilà le chapitre III, bonne lecture.

It took me longer than planned, but I wasn't able to write as I wanted.
Anyway, here is chapter III, have a good reading.


And to answer possible questions, yes there's growth.
******************************
Chapitre III

   « 2... 3... 4..... »
   Tom comptait et Lucie entamait sa cinquième répétition de développé couché. La barre de quatre-vingt-quinze kilos tremblait et elle la stabilisa sur son torse. Son débardeur était trempé de sueurs, laissant apparaitre ses pectoraux. Tom se positionna un peu mieux, se préparant à l'aider du mieux qu'il pouvait. Lucie prit une grande inspiration et poussa sur l'haltère, ses bras se gonflant sous la pression. Elle fit une grimace.
« Tu peux le faire ! Allez ! » Lui souffla Tom.
Puisant dans ses réserves, elle poussa un râle, pour finalement, dans un dernier effort, tendre les bras, la barre en équilibre instable. Elle l'avait fait. Tom l'aida promptement à placer l'haltère sur son rack, et elle se redressa pour reprendre son souffle.
   Tom était sur le cul, et observait le dos maintenant massif de Lucie qui s'élevait à chacune de ses inspirations. Les progrès qu'elle avait faits en un mois étaient impressionnants, elle explosait ses records à chaque entrainement avec Tom. Elle se leva pour s'étirer, se positionnant devant lui, elle fit jouer les muscles de sa poitrine. Il vit de légères striations apparaitre à l'endroit où les pectoraux se rejoignent. « Elle commence à être vraiment musclée. » pensa-t-il.
   Il posa sa main dessus pour sentir les muscles danser sous sa peau. Elle lui sourit et lui donna un bécot.
« C'était intense ! » dit-il, avant d'ajouter « Si tu continues comme ça, je vais pas pouvoir t'aider beaucoup par la suite... »
« Awww... Dis pas ça, tu m'aides beaucoup plus que tu ne le crois. Tu me motives. » Elle lui redonna un baiser avant d'ajouter « À ton tour, combien on met ? Trente-huit ? »
« Essayons, si je galère on redescendra ça à trente-cinq kilos comme la s'maine dernière. »
   Ils préparèrent la barre, puis Tom prit un peu de craie dans ses mains, se les frottant avant de se positionner sur le banc. Il s'allongea, plaça ses mains sur la barre d'acier et leva les yeux vers Lucie qui lui souriait, se tenant prête. Son regard dévia vers ses seins.
« Hmm, j'adore cette vue. » Dit-il.
« Tsst ! Concentre-toi sur la barre ! » Rétorqua-t-elle sérieusement.
« Oups, t'as raison »
   Il fixa son regard sur ses mains, ajusta leurs positions plusieurs fois, puis poussa avec ses épaules pour la sortir du rack. Et il commença l'exercice, qu'il fit sans trop de problème. Lucie l'aidant à peine pour la dernière répétition. Il était content de lui.

   Ils continuèrent l'entrainement et prirent leurs douches. Tom sorti le premier et vit Patrick en train de changer de musique, les premières notes de 'Sunday Morning' des Velvets retentir alors qu'il s'approchait :
« Salut Patrick ! »
« Hey Tom Pouce ! » Répondit-il rigolard, écrasant la main de Tom dans la sienne.
« Alors » Enchaina-t-il « Comment ça se passe ? »
« Plutôt bien, je m'épaissie. » Dit tom en rigolant « Par contre Lucie explose tout, c'est dingue. »
« Oui, depuis qu'elle s'entraine cinq fois par semaine, y'a de quoi... »
« Ah bon ? Cinq fois ? Je n'savais pas. »
« Ouais, ça fait un mois maintenant. La semaine d'après ton inscription. Elle te l'avait pas dit ? » Ajouta-t-il tout en bougeant la tête sur le rythme de la musique.
« Non. Mais je comprends mieux. »
« Hah, te fais pas d'mouron va, de toute façon même en restant à deux entrainements, tu ne l'aurais pas rattrapé. Elle est faite pour ce sport. Elle cligne des yeux elle se muscle les paupières c'te fille, c'est incroyable. »
   Tom écoutait Patrick parler lorsque Lucie sortit des vestiaires. Il l'observa attentivement alors qu'elle s'avançait vers eux. Elle dégageait une sensation de puissance assez impressionnante, ses trapèzes et dorsaux s'étant développés au point d'être clairement visibles. Il pouvait voir ses biceps, qui même au repos bras tendu, apparaissaient nettement. Il ajusta discrètement son pantalon pour cacher une érection qui commençait, et se leva.

   Ils marchaient tranquillement pour rentrer à l'appartement. En cette fin d'Août, l'été était magnifique et cette soirée très agréable. Ils avançaient en silence, se tenant la main. Tom semblait perdu dans ses pensées.
« Quelque chose te tracasse ? » demanda Lucie.
   Tom ne parla pas de suite, car ils arrivaient devant l'immeuble. Il ouvrit la porte :
« Non non... Enfin, c'est idiot hein ? C'est juste... Je ne savais pas que tu t'entrainais cinq fois par semaine... »
« Ah... Oui... Je... » Commença-t-elle, mais Tom ajouta :
« Non pas que ça me gêne ! J'veux dire, tu fais ce que tu veux. C'est que j'trouvais ça fou la vitesse à laquelle tu prends de la force et j'en parlais à Patrick, enfin bref... »
   Tom rougissait alors qu'ils étaient entrés dans l'appartement et avaient posés les sacs. Lucie se retourna soudainement et l'embrassa avidement, se laissant tomber sur le canapé. Elle se mit à califourchon sur Tom, maintenant ses bras plaqués contre l'assise. Il la regarda, surpris, son sexe se retrouvant contre le sien.
« Donc... Tu es gêné que je prenne du muscle ? » Demanda-t-elle, sentant son sexe grossir.
Elle commença même un léger mouvement des hanches. Il sentait les cuisses puissantes de part et d'autre de son bassin, tandis que Lucie avait le torse couché sur lui, lui faisant des baisers sur le visage.
« Non, au contraire... » Répondit-il d'une voix embarrassé, puis ajouta en murmurant presque. « Tu sais, tu es même un rêve devenant réalité. »
   Elle s'arrêta, se releva et s'assit plus loin sur le sofa, gênée. Tom se redressa et la regarda étonné.
« Que... J'ai dit quelque chose que j'n'aurais pas dû ? » Demanda-t-il surpris.
« Non... C'est moi je... Faut que je t'avoue un truc. »
   Tandis qu'elle se plaçait correctement, ses muscles dansaient sous sa peau.
« Tu te souviens quand tu es allé à ta soirée y'a un mois avec Karim ? »
« Oui, Foucault aurait pu dire que c'était une Sacré Soirée. » Dit-il en souriant, mais inquiet.
« Tu m'avais laissé ton ordi pour que je joue et... » Elle déglutit « Enfin... J'n'ai pas joué. J'ai surfé un peu et je suis tombée sur tes favoris internet et... »
« Et alors ? » Il ne voyait pas où elle venait en venir.
« Wizzz. »
« Ah. » Là il voyait.
« Je suis désolée... Je me suis mise à explorer le dossier.... La curiosité est un vilain défaut, je sais. »
   Tom était tellement embarrassé qu'il ne dit rien, elle continua.
« Tu... Tu aimes vraiment les femmes très musclées. » Dit-elle, Tom ne disait toujours rien. « Et, ça tombe bien. C'est ce que je veux devenir... » Elle laissa la phrase en suspens, espérant une réaction.
« C'est vrai ? » Dit-il faiblement.
   Elle acquiesça et retourna se coller contre lui, posant sa tête sur son épaule.
« J'aimerais devenir aussi musclée que la fille que tu décris dans ton histoire 'Sérieux ?' qui bizarrement, ressemble à la nôtre. »
« Tu l'as lue ?! » Dit-il fébrilement.
« Oui, j'adore ! Tu l'as écrite quand ? »
« Euh... Peu après que tu aies emménagé. »
« C'est ce qui m'a décidé à m'entrainer plus. » Elle se blottit un peu plus contre lui « Je te demande pardon d'avoir fouillé, je n'aurais pas dû. »
« C'est pas grave, tu es toute pardonnée. J'veux dire, tu es en train de me faire vivre mon fantasme, comment pourrais-je t'en vouloir. » Il la serra dans ses bras, tâtant au passage ses bras fermes.
« Et j'avoue qu'être ton fantasme m'excite au plus haut point. » Dit-elle en contractant son biceps franchement, Tom plaça avec envie sa main dessus, tâtant la dureté des fibres musculaires qui dansaient sous ses doigts.
   
[...]
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

Elmanouche

[suite...]

Deux mois plus tard, Lucie était dans la salle de bain voulant enfiler la chemise qu'elle portait le soir où Tom et elle s'étaient épris pour la première fois. Elle parvint à entrer dedans, mais difficilement. Ses bras étaient comprimés par les manches, les seules parties non moulées étant les coudes et les poignets. Elle n'avait pas non plus fermé les boutons jusqu'en haut. Elle se regarda dans le miroir.
« J'ai pris de la masse. »
   Elle voulut contracter ses biceps, quand elle eut une idée. Elle essaya de rétracter son torse et fermer les boutons un peu plus. Elle y parvint tant bien que mal, la chemise tendue à l'extrême.
« Tom ! » Cria-t-elle.
   Elle l'entendit courir dans l'appartement, ouvrir la porte de la salle de bain.
« Qu'est-ce qui... Wooaa. »
Il resta là, la bouche ouverte, la poignée de la porte encore dans sa main. Lucie souriait, la chemise moulant comme une seconde peau.
« C'est... C'est la chemise que tu portais la nuit du... »
« Oui. Il temps que j'aille me refaire une garde-robe, mais d'abord... »
   Elle lança un clin d'œil aguicheur, leva ses bras à l'horizontal, un premier bouton vola ne résistant pas à la pression, Tom l'évitant de justesse. Et elle plia les bras, contractant ses muscles. Des déchirements et craquements se firent entendre, le tissu cédant sous la force de ses biceps. Il s'avança, voulant les palper.
« Attends, deux secondes. » Dit-elle.
   Lucie ferma les yeux et d'un mouvement explosif contracta tout son torse en une pose crab. La chemise vola en éclats. Tom était en transe, le sexe au garde-à-vous dans son pantalon. Lucie déchira et retira les derniers lambeaux de sa chemise, dévoilant les dernières parties de son tronc musclé et nu. Elle leva la tête et sourit à Tom qui s'était rapproché.
« C'est dommage, j'aimais bien cette chemise. » Dit-il en caressant sa peau.
   Elle ria doucement et mit ses bras autour la taille fine de son admirateur.
« Tu sais, je pense qu'une petite séance de prise de mensurations serait la bienvenue. » Annonça-t-elle, et elle vit le sourire jusqu'aux oreilles de Tom, qui répondit d'un ton grave :
« Ooh... Deux secondes... »
   Il fouilla dans sa poche arrière et en sorti un mètre de couturier. Lucie éclata de rire.
« Quoi sérieux ? T'en as un sur toi tout le temps ?! »
« Bah, j'espérais que tu me demandes ça un jour ! »
« T'es vraiment accro, hein ? »
« Oui. » Dit-il avec aplomb. « Et toujours prêt. »
« Je vois ça... » Susurra-t-elle en posant sa main sur la bosse qui était apparu dans son entrejambe.
« Bon, la balance ! La terreur des femmes. » Elle marqua une pause avant d'ajouter. « Mais pas pour moi. »
   Elle monta sur la balance et attendit que les chiffres se stabilisent. Tom regarda incrédule le nombre qui venait de s'afficher.
« Ta balance est calibrée ? » Demanda-t-elle immédiatement.
« Oui... Tu fais quatre-vingt-huit kilos. »
« La vache... Je savais que j'avais pris du poids mais je n'imaginais pas que c'était autant... À ton tour ! »
« Oh... Ok. Mais tu faisais combien avant ? »
« Me suis pesée en arrivant chez toi y'a cinq mois. Soixante-huit si je me souviens bien. »
« La vache, t'as pris vingt kilos !? » Dit-il alors qu'il se déshabillait.
Il se tenait debout à côté de Lucie et il ne put s'empêcher de les comparer. Il paraissait petit, alors qu'il avait trois centimètres de plus qu'elle. Mais la différence notable entre eux deux, était la définition des muscles. Tom est un sec, même avant la musculation il était sec. Ses muscles apparaissaient sans qu'il ait besoin de contracter, pecs saillants, abdos visibles. Lucie, au contraire, était simplement massive, puissante. Il fallait qu'elle chauffe ses muscles un moment avant qu'apparaisse la définition, une sorte de off saison, mais sans surplus de gras, juste ce qu'il fallait pour conserver ses formes féminines. Elle avait des trapèzes épais, des dorsaux qui l'élargissait comme des ailes, des épaules rondes et larges, et des cuisses énormes.
Il grimpa sur la balance, soixante-trois kilos.
« Hmmm... Joli. » Dit-elle en se léchant les babines.
« Ouais, j'suis content ! J'ai fait mon objectif. Tu veux mesurer quoi ensuite ? »
« Les bras. »
   Lucie était déjà en train de se chauffer les biceps, contractant alternativement les bras. Puis se concentrant sur le bras droit, répéta plusieurs fois le mouvement jusqu'à atteindre un joli pic de la taille d'une grosse orange, qu'elle maintenait.
« Ok vas-y. »
   Tom entoura le biceps de son mètre, lui donnant un bisou au passage.
« Quarante-trois centimètres. » Dit-il calmement, en apparence seulement, car il bouillonnait de l'intérieur.
   Elle émit un râle de satisfaction et commença à travailler sur ses cuisses, secouant l'imposante masse de muscle et la contractant puissamment. Quand elle tint la pause, il s'empressa de faire le tour avec son ruban et mesura.
« Soi-Soixante-quatorze ! » Bégaya-t-il.
« J'aime tellement les travailler... »
« Pas étonnant que tu fasses des squats de deux-cent kilos... »
   Lucie enchaina ensuite avec une série de levées sur la pointe des pieds pour faire travailler les mollets, qui explosèrent en deux globes massifs en forme de cœur.
« Quarante-cinq centimètres... »
« Hmmm, attends. »
   Elle se balança sur un pied et refit des flexions avec ce mollet, mettant toute la pression qu'elle pouvait dessus. Tom avait laissé le mètre et attendait que les contractions s'arrêtent.
« Quarante-sept... » Annonça-t-il avec fébrilité.
   Il se releva et ses yeux bruns se noyèrent dans l'océan vert des yeux de Lucie, qui semblait en transe. Elle colla sa poitrine contre son torse, puis ses lèvres contre les siennes et enfin ses bras massif s'enroulèrent autour des épaules chétives de Tom, l'embrassant avec passion, ses bras serrant comme des pistons.
« Ah... J'arrive... Pas... à respirer...» Gargouilla-t-il.
   La pression se relâcha un peu et il put reprendre un de l'air. Elle plaqua ses lèvres pulpeuses contre les siennes, s'accroupit légèrement en plaçant une main derrière ses genoux. Elle se releva, l'agrippant par les jambes et faisant pivoter son autre bras vers l'arrière de ses étroites épaules. Sans effort apparent, elle le porta comme un bébé dans sa chambre.


   Le lendemain, Lucie était au centre-ville. Les rues piétonnes pleines de monde l'oppressaient un peu, mais il fallait qu'elle se trouve de nouveaux vêtements. Elle portait les derniers qui lui allaient encore, un jean censé être ample qui ne cachait rien de ses cuisses puissantes qui se déployaient en vagues de muscles à chacun de ses pas, un t-shirt trop grand pour Tom avec par-dessus un sweat à capuche, coupé féminin, dont les manches manquaient de place pour ses bras massifs. Elle sortit de la grande rue pour se glisser dans une ruelle. Elle sentait de la moquerie dans le regard des gens et ça la mettait mal à l'aise. L'enseigne « Mortadem » apparu sur sa droite, elle était arrivée.
   La boutique avait une ambiance sombre, ce qui pour un magasin gothique semblait adéquat, mais qui donnait un semblant d'étroitesse alors que l'espace était plutôt large. Lucie connaissait ce magasin depuis sa période 'Goth', il proposait des vêtements sympas, et surtout ils taillaient grands. La petite vendeuse était à l'image du magasin, cheveux noirs, habillées de noir et mascara noir. De petite stature, elle le ressentit encore plus quand Lucie entra dans la boutique, elle la toisait d'une bonne tête avec des épaules deux fois plus larges. La vendeuse se sentait légèrement intimidée, mais s'approcha doucement de son imposante cliente qui regardait les alignements de vêtements.
« Bonjour mademoiselle, souhaitez-vous un renseignement ? » Demanda-t-elle sur un ton monotone.
« Ah. » Fit Lucie, surprise. « Heu, oui s'il vous plait. J'ai... Pris un peu de poids... ? Et dans mes souvenirs il y avait des grandes tailles ici, donc... » Dit-elle embarrassée.
« Je vois, suivez-moi. »
   Elles arrivèrent devant l'étalage et Lucie se gratta le menton observant et cherchant quelque chose d'intéressant, ce qui contracta son biceps, la manche de son sweat se tendant un peu. La vendeuse écarquilla les yeux et ne put s'empêcher de poser un doigt sur la bosse, touchant à plusieurs reprises, intriguée. Lucie observa amusée l'attitude de la jeune femme, qui s'en rendit compte et piqua un fard donnant enfin des couleurs à ce visage blafard.
« D-désolé. Je... C'est... »
« ...La première fois que vous voyez une femme comme moi. » Compléta Lucie gentiment.
« Oui. »
   L'entrée de la boutique sonna doucement annonçant l'arrivée d'autres clients. La jeune vendeuse reprit ses esprits.
« Je... Vous laisse regarder ? Les cabines d'essayage sont au fond à droite, je reviens vers vous au plus vite. »
   Elle fila accueillir les visiteurs. C'était deux hommes, l'un déjà au noir de la maison et maigrelet, l'autre une baraque à la tronche patibulaire. La jeune vendeuse s'occupa d'eux tranquillement, pendant que Lucie était partie essayer un premier jet de fringues. Quand elle ressortit, la vendeuse l'attendait. Lucie avait commencé par un t-shirt à manches courtes et un pantalon baggy noir. La jeune femme la dévorait des yeux.
« Ça vous va bien. » Dit-elle.
« Trop bien, il me faudrait la taille au-dessus... » Commença-t-elle à répondre quand le patibulaire se fit entendre, discutant avec son pote.
« Putain regarde-moi ça ! Faut qu'elle arrête les hormones... Elle ressemble à un mec ! »
   Lucie ne réagit pas, continuant de se regarder dans le miroir.
« Hmmm, je vais essayer une taille plus grande. » Dit-elle à la vendeuse.
   Son collègue murmura quelque chose que les filles ne purent entendre et le gros se mit à rire.
« Ha ! T'as bien raison ! » Dit-il en se dirigeant vers la caisse.
   La jeune vendeuse alla les encaisser. Quand elle revint auprès de Lucie, celle-ci ressortait de la cabine avec le même t-shirt en plus grand.
« Je suis désolée... » Dit-elle en arrivant. « Oh. Mais il est bien trop grand ! »
« Vous n'avez pas à vous excuser de la bêtise des gens. Et oui, j'ai... L'intention de le remplir. » Répondit Lucie en rougissant.
« Le remplir de... ? » La jeune fille pointait du doigt vers ses biceps.
« Ouaip ! »
   Elle contracta son bras droit, dévoilant les quarante-trois centimètres de muscle formant une boule grosse comme une orange.


   Tom était sur son ordi en train de jouer quand elle rentra du shopping. Il se leva.
« Je pensais que t'en prendrais plus. » Remarqua-t-il.
« Je n'ai pas un portefeuille infini tu sais. Et je compte bien continuer de grossir, donc... »
   Il acquiesça et la pris dans ses bras.
   Après le repas, Tom jouait à son ordi et Lucie était sur le canapé, fumant un joint et regardant une connerie à la télé. Il s'arrêta deux seconde et l'observa, elle ne semblait pas dans son état normal.
« Quelque chose ne va pas Lucie ? »
« Hmm ? Non, non... » Eluda-t-elle.
   Il se leva et vint se mettre à côté d'elle, lui prenant le joint au passage.
« Raconte ! » Insista-t-il.
« Okaay. Je pense que je vais perdre mon boulot... »
« Hein ?! Pourquoi ça ? »
« Bah, je deviens trop musclée apparemment pour être une coach de fitness... »
« Ton patron te l'a dit clairement ? »
« Pas vraiment... Mais certains clients ont fait la remarque... Donc si ça arrive jusqu'à ses oreilles. » Elle marque une pause. « Ça et puis les remarques désagréables que j'ai entendu cet aprèm pendant mon shopping m'ont un peu... démoralisés. »
   Tom la regardait tendrement, lui fit un bisou sur la joue.
« Je vois... Je suis désolé. » Dit-il.
« Pourquoi ? »
« Bein, certes c'est aussi ce que tu voulais, mais j'ai un peu déclenché ta montée en puissance. Et de voir que t'en souffres... Je me sens un peu coupable. »
« T'en fais pas va. Les idiots je m'en arrange. Pour le boulot, j'ai peut-être déjà une autre piste. Après tout, j'ai mon diplôme de préparateur physique. »
   Elle se colla contre lui, posant sa jambe massive sur ses genoux.
« T'es rassuré ? » Demanda-t-elle.
« Oui, je m'inquiétais un peu c'est vrai. Et, est-ce que ça veut dire que tu vas te calmer un niveau prise de masse ? »
« Sûrement pas ! J'ai pris des fringues deux tailles trop grande et j'ai bien l'intention des les remplir le plus possible ! » Rétorqua-t-elle en contractant sa jambe sous les doigts de Tom.
« En tout cas, ça me touche que... Tu te sois inquiété pour moi... »
« C'est normal, tu es ma colocataire et je tiens à toi... » Dit-il en rougissant.
« Tu sais... Je crois bien que je suis en train de tomber amoureuse de toi.... » Dit-elle en se pressant encore plus contre lui.
   Il ne répondit rien, mais l'embrassa longuement tout en pensant « Sérieux, j'suis l'plus chanceux des hommes. »
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

El_Roy_1999

Excellent! J'apprécie la récursion.
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Excellent! J'apprécie la récursion.
"Récursion" est un mot utilisé en programmation/développement.
"Récursivité" signifie la même chose mais en littérature.

En tout cas, merci.
Ce chapitre était plutôt centré sur Lucie, le prochain sera plus sur Tom.
Et il y aura 5 chapitres, peut-être 6.
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

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Toujours aussi chouette...;)

El_Roy_1999

Zut. On passe sa vie à apprendre des choses nouvelles. Merci!
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Toujours aussi chouette...;)
Merci !

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Zut. On passe sa vie à apprendre des choses nouvelles. Merci!
Mais de rien, avec plaisir !
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Et voilà le chapitre IV.
Le prochain sera une sorte d'épilogue.
Bonne lecture.
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Chapitre IV

En ce début d'année 2015, Tom était morose. Les fêtes de fin d'année s'était bien passées, ils avaient fêtés ça à part, chacun dans leurs familles. Mais Tom devait partir dans une petite semaine pour une mission de trois mois au Brésil. En temps normal il aurait dû être content, et évidemment il l'était un peu. D'autant que son équipe et lui-même s'étaient battus pendant plus d'un an pour remporter ce projet de cœur de réseau pour les villes de Rio et Sao Paulo.
Il était envoyé là-bas en tant que chef de projet, devant conduire et suivre la mise en place de toute l'infrastructure. Pour certains, cela serait la consécration d'une carrière. Tom ne voulait tout simplement pas partir, il sentait quelque chose naître entre Lucie et lui. Il avait la sensation qu'il ne fallait pas qu'il s'en aille.
   Après avoir appris la nouvelle, il était en train de se faire un tour pour décompresser. Il faisait froid en ce 28 Janvier, un peu de vent et une bruine qui perçait la peau. Mais lui n'avait pas froid, perdu dans ses pensées qu'il était. Alors qu'il passait sous une grande porte, vestige des anciennes fortifications de la ville, il vit un petit bar avec une terrasse couverte. Le temps ne s'y prêtait pas, mais il s'en foutait.
   Il s'installa donc en terrasse, et le serveur qui vint à sa rencontre devait le maudire d'être resté dehors. Tom commanda une pression et se roula une cigarette.

« Bonjour Tom. »
   Il se figea, il avait reconnu cette voix dès la première syllabe. C'était celle de Marie, son ex.
« Marie... Bonjour. » Il reprit ses esprits et ajouta. « Tu as cinq minutes pour boire quelque chose avec moi ? »
   Tom se demanda pourquoi il lui avait proposé ça. Elle hocha la tête et s'assit en face de lui, qui l'observait impassiblement. Elle était toujours aussi magnifique. Des cheveux auburn, ondulés, qui descendaient en cascades sur ses épaules, des yeux bleus miroitant, qui pouvait être aussi profond et froid que le fond de l'océan ou aussi clair et doux qu'un ciel d'été. De taille moyenne, du haut de son mètre soixante-cinq, elle avait un corps parfait selon la 'norme', hanches généreuses, taille de guêpe et poitrine voluptueuse. Ajouté à son visage fin et délicat, ses lèvres pleines et pulpeuses, quand elle arrivait quelque part elle faisait tourner les têtes.
   Le serveur ne mit d'ailleurs pas longtemps à venir prendre la commande, un chocolat chaud.
« T'as froid ? » Demanda Tom. « Si tu veux on peut entrer... »
« Non c'est bon, j'vais fumer. »
« Toi non plus tu n'as pas arrêté. »
« Et non. »
   Le chocolat arriva, elle touilla sa cuillère quelques instant dans la tasse.
« T'as une mine affreuse. » Dit-elle.
« Hah, merci. Tu es toujours aussi belle. » Il but une gorgé de bière, et sentant qu'il devait approfondir. « Disons que, je me suis déjà senti mieux. Et te voir débarquer comme ça... N'arrange rien. »
« Merci. Et... Je sais... J'ai voulu t'appeler. » Elle baissa la tête dans sa tasse. « Ça fait des lustres que je voulais t'appeler d'ailleurs. »
« Ta mère l'a fait. Plusieurs fois. Et je l'ai appelé, ainsi que tes sœurs. Félicitation pour ta deuxième nièce d'ailleurs. » Dit-Tom, cinglant.
« Oui, je sais. Elle m'a juste dit que tu avais une colocataire et que ça se passait bien... » Elle laissa sa phrase en suspens. Il attendit. « Ecoute, je... J'aimerais te dire pourquoi je suis partie, même si maintenant je n'en suis pas fière. »
« Oh... Je crois savoir. On faisait plus l'amour, tu te demandais si ça venait de mon penchant pour les 'femmes musclées', du coup comme t'avais quand même des envies, tu t'es trouvée un gigolo qui t'as promis la lune, et tu l'as suivi, lâchant l'homme que tu aimais depuis huit ans. Et bien sûr, il t'a largué au bout de trois mois. »
   Elle resta prostré, sa lèvre inférieure tremblant légèrement. Il continua.
« Alors que... J'aurais tout fait pour que ça marche entre nous. Tout. Tu le savais. Et ce n'est pas mon amour pour les femmes musclées qui me 'bloquait', regarde toi, tu es superbe. Non... Ce qui n'allait pas c'est qu'on était plus en phase, quand j'avais envie tu n'étais pas d'humeur et vice versa. Ça commençait à se faire sentir dans la vie quotidienne aussi. Donc je me suis enfermé dans mes jeux, car je ne voulais pas voir, je fuyais. » Sa voix devint un murmure. « Et tu es partie... »
   Elle avait les larmes aux yeux, Tom le voyais et se sentait déchiré.
« Ce... C'est ma mère qui... » Il fit signe que non. « Mais oui, je suis partie pour un 'gigolo'. Ça a duré quatre mois. J'ai voulu revenir mais... Je sais pas. Je me suis dit que tu serais en colère, ou ne voudrais plus de moi... »
« J'étais au fond du gouffre à ce moment-là, je n'attendais qu'une chose, que tu reviennes ! Je passais mes soirées à jouer sur l'ordi en espérant entendre ton toc-toc à la porte. Et là tu me dis que... » Il avait du mal à parler, écœuré.
« Deux secondes... » Reprit-il en se levant, alla au milieu de la placette et beugla de toutes ses forces.
« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !! »
   Les rares badauds regardèrent Tom étonnés, et il retourna s'assoir.
« Ah, ça va mieux ! » Dit-il en buvant une gorgée de bière.
   Marie se leva à son tour, les yeux encore pleins de larmes et cria, du plus fort qu'elle put.
« AAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH !! »
   Tom la regarda en souriant tandis qu'elle reprenait sa place.
« T'as raison. » Dit-elle. « Ça fait du bien. »
« Et de se dire les choses aussi, m'a fait du bien. »
« Oui, et je... Te demande pardon. Même si j'imagine qu'il est trop tard maintenant mais... Peut-être... Pourrions-nous... Redevenir amis ? »
« Hmmm, on peut essayer. Mais laisse-moi un peu de temps, ok ? De toutes façons je vais le prendre ce temps, je pars pour trois mois au Brésil. »
« Vrai ? Le projet sur lequel tu bossais, vous l'avez eu ? »
« Oui. » Dit-il d'un ton blasé.
   Ils s'étaient dit les choses, avaient lâché leurs tripes et évacué leurs biles et se parlaient en amis. Tom se sentait mieux, un peu.
« Bah t'as pas l'air jouasse. »
« C'est... Compliqué. Disons qu'avec ma colocataire, Lucie, nous avons rompu la seule règle que nous avions instaurée. Et... »
« Hmm, je vois, celle du 'pas de sexe entre vous' c'est ça ? » Coupa-t-elle.
« Heh, oui. Et ça se passait plutôt bien... » Il s'arrêta deux secondes. « Ça me fait bizarre de parler de ça avec toi, quand même. » Ajouta-t-il en rigolant.
« C'est pas grave me dit pas. Ça me fait bizarre aussi. Et j'imagine que ça te fais chier de partir alors que tu ne sais pas si c'est sérieux entre vous. » Dit-elle, Tom sentit comme un pincement dans sa voix.
« T'as vu juste... »
« Et je vois que tu as tourné la page avec moi. »
« Je viens de le faire, depuis plus d'un an je portais ce poids et tu viens de le libérer. Mais sache une chose, jamais je n'oublierai les huit années passées avec toi et jamais je ne t'oublierai. Sans toi je n'aurais pas ce super boulot ni ne serais l'homme que je suis aujourd'hui. C'est juste que nos routes ont pris une direction différente. »
   Maire sourit timidement, ses yeux se remplirent de larmes à nouveau. Elle les sécha d'un revers de la main.
« Tu pars quand ? » Demanda-t-elle.
« Le 2 Février. J'ai mon avion à 7h30. Bon et toi le boulot ? »
« Oh, ça va, tranquille... »
   Ils continuèrent de parler de tout et de rien. Tom se sentait à l'aise, riant et plaisantant. Marie rigolait de ses blagues et semblait relâchée. Il regarda l'heure au bout d'un moment.
« Marie, je vais devoir y aller. »
« Oui, moi aussi, je devais rester que cinq minutes j'te rappelle. » Dit-elle en rigolant.
« On... S'appelle ? Vraiment. »
   Elle hocha la tête et se levèrent tous les deux. Ils allèrent se faire la bise mais... Etrangement les joues glissèrent, et les lèvres se rencontrèrent. Il écarquilla les yeux, elle les gardait fermés. Le baiser dura une dizaine de secondes avant qu'il ne se recule doucement.
« Non... Je... Restons-en là. Prends soin de toi, ok ? » Dit-il.
« Oui, oui, toi aussi... À bientôt j'espère Tom. »
   Une personne avait observé la scène et s'en alla d'un pas pressé, serrant son sac de sport contre son épaule massive.


   Quand Tom rentra chez lui, l'appartement était dans la pénombre. Il alluma la lumière, maugréa une fois encore contre l'ampoule basse consommation. Il aperçut un petit mot sur la table, c'était Lucie.
« Je passe la soirée chez une copine. Bisous. » Disait-il.
   Il alluma son ordinateur, se roula un joint et repensa à sa rencontre avec Marie. Cela s'était mieux passé qu'il n'aurait pu l'imaginer et même à un moment il avait retrouvé cette complicité qu'ils avaient avant. Il n'éprouvait aucun regret et se dit que Marie pourrait vraiment redevenir une amie, tout simplement et avec du temps. Certes elle aurait pu revenir, mais de ce fait il n'aurait pas pu rencontrer Lucie. Finalement, cette mission au Brésil pouvait s'avérer utile, lui donnant le temps de faire le point.
   Le lendemain, il se leva tard, car il avait trainé jusqu'à 3h du matin avant de se coucher. Il lança une cafetière, prit une douche et s'attabla à son PC, regardant ses mails de travail en sirotant son café, puis lançant une partie.
   Au bout d'un moment, il se leva et s'activa à faire un peu de ménage. Puis ayant presque fini, il regarda l'heure : 15h.
« Ok, faudrait que je la réveille. »
   Il alla à la porte de la chambre de Lucie, frappa doucement et l'ouvrit. Les volets de sa chambre n'étaient pas fermés, une lumière blanche éclairait la pièce. Elle n'était pas là.
« Ah ok. » Fit-il.
   Il passa la journée tranquille, ne se faisant pas plus de mouron que cela. Mais quand vint à nouveau le soir, elle n'était toujours pas rentrée. Il prit donc son téléphone et l'appela. Il entendit la tonalité, cela sonna plusieurs fois puis il arriva sur le répondeur. Il ne laissa pas de message.

   Cela faisait maintenant un peu plus de deux jours que Tom n'avait pas vu Lucie et il s'inquiétait. Durant la journée, il essaya plusieurs fois de l'appeler sur son mobile, tombant à chaque fois sur le répondeur. En milieu d'après-midi de ce 30 Janvier, il appela Patrick.
« Allo ? » Fit la grosse voix.
« Salut Patrick, c'est Tom. »
« Ah, Tom Pouce, comment va ? »
« Pas trop mal, si ce n'est que je n'ai pas vu Lucie depuis 2 jours et ça commence à m'inquiéter... Est-elle venue au club ? »
« Elle est venue avant-hier. Mais hier et aujourd'hui, nada. Elle devait tenter quatre-cents kilos au squat... » Dit-il déçu.
« Ok... Tu me tiens au jus si tu la vois ? »
« Ouais, p'tit gars, c'est une super nana, ce serait con de la perdre. » Dit Patrick en raccrochant.
   Tom regarda son combiné.
« Super nana hein ? Je le sais bien... » Se dit-il.

   En cette matinée du 31 Janvier Tom était livide, il n'avait pas dormi de la nuit, se demandant si c'était un test de la part de Lucie, ou s'il avait fait/dit quelque chose de mal. Il ne voyait pas, ne comprenait pas. Il connaissait bien quelques amis de Lucie, mais n'avait pas leurs numéros, pareil pour sa famille. Alors qu'il buvait un énième café, ses pensées fusaient dans tous les sens. D'habitude, il saisissait assez bien les pourquoi du comment, il avait d'ailleurs deviné assez vite pourquoi Marie l'avait quitté et ce qui avait pu se passer.
   Il se figea.
« Marie. » Dit-il tout haut. Et il continua de penser à voix haute.
« Patrick m'a dit qu'elle était passée au club le 28... Et le bar où j'ai revu Marie est sur le chemin du retour... »
   Il marchait en tournant dans la pièce.
« J'ai... Elle m'a embrassé... Aurait-elle pu le voir alors qu'elle rentrait ici... ? C'est trop gros comme coïncidence... Et pourtant je vois qu'ça. »
   Il se laissa tomber dans son fauteuil, prit son portable et appela Karim.
« Ouaip » Répondit-il
« C'est Tom. »
« Je sais. »
« Ouais, euh, t'aurais pas vu Lucie par hasard ? »
« Nope, il s'passe quoi ? »
   Tom lui raconta l'histoire avec Marie.
« C'est ce qu'il s'appelle pas d'bol. Ok, tu veux que j'essaie de l'appeler ? Elle me répondra peut-être. »
« S'il te plait... »
« Ok, j'te tiens au courant. »
   Il raccrocha, se sentant à peine soulagé et se mit à attendre.
   
Il avait espéré que Karim rappelle assez vite, mais il n'en fût rien. Cela faisait près de trois heures qu'il tournait en rond dans son salon, enchainant les cafés et fumant pour se calmer. Il commença à paqueter ses affaires pour le voyage histoire de s'occuper. Puis n'en pouvant plus, il tenta de la rappeler, mais tomba directement sur le répondeur.
« AAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH » Cria-t-il de toutes ses forces en se laissant tomber dans le canapé.
   Il n'entendit ni ne vit la porte d'entrée s'ouvrir.
« J'pète les plombs... Je... » Il s'arrêta deux secondes réalisant quelque chose. « Je l'aime... ! »
   Lucie ferma la porte doucement, jeta son sac près de la table et se rua vers le canapé. Tom eu à peine le temps de tourner la tête pour voir qui cela pouvait être qu'elle était sur lui, ses cent-treize kilos de muscle à quelques centimètres. Elle s'installa sur ses genoux et l'embrassa puissamment, longtemps. Quand elle se redressa, il la regardait incrédule. Elle nota son teint blafard et ses yeux rouges de fatigue.
« Je t'aime aussi Tom... Et... Je suis désolé de t'avoir inquiété. »
   Il s'apprêta à rétorquer, mais elle posa un doigt sur sa bouche en signe de silence.
« Laisse-moi finir. Je sais au fond de mon cœur que je t'aime depuis un moment déjà. Mais je ne voulais pas presser les choses, car tu avais vraisemblablement besoin de plus de temps que moi. Et à raison. J'ai donc pété un plomb quand je vous ai vus l'autre soir... » Elle marqua une pause, caressant la joue de Tom. « Puis Karim m'a raconté ce qu'il s'est passé et... »
   Ce fût au tour de Tom de poser son index sur la bouche de Lucie.
« Tu sais, je pense qu'il fallait que je revoie Marie. Alors oui, je l'ai embrassé. Mais pour moi c'était le baiser d'adieu, celui qui scelle la fin d'une histoire. Ton absence m'a fait prendre conscience que je tenais à toi plus que je ne l'imaginais... Je t'aime » Dit-il en se redressant et l'embrassant tendrement.
« Maintenant... Je me sens juste frustré, car je pars dans deux jours pour le Brésil. » Ajouta-t-il d'un ton triste.
« Je sais, et je vais t'attendre... »
   Soulagé et rassuré, la tension s'évanouit du corps de Tom et la fatigue le rattrapa, il s'endormit sans même entendre la suite de ce que lui disait Lucie, son visage apaisé et serein. Elle le regarda tendrement et le porta sans efforts dans sa chambre pour le coucher. Il dormit tout l'après-midi jusqu'au lendemain.

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"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol