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Histoires de FBB's / FBB Stories «en FRANÇAIS / in FRENCH»

Started by mermoz, January 08, 2008, 08:07:07 PM

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durcombat

C'est excellent, vraiment excitant.

Amazing story, very arousing.
The bigger they are, the harder they fall, but it takes 2 men to fell a strong woman


terminosaurus

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C'est excellent, vraiment excitant.

Amazing story, very arousing.

Juste que je l'ai écrit en 2 heures et que je l'ai posté trop tot. Il y a plein  de fautes de français, de syntaxes et d'orthographe. Je me remets dessus, je corriges et peut-être que je le reposterai avec en plus des images, mais la je ne sais pas comment faire.

Ozzyfm

Camarades schmoes français, je me permet de poster cette histoire ici. Vous pourrez la retrouver sur mon blog avec un dessin inédit. Comme d'hab, je ne fais pas dans la dentelle, mais c'est ça qui est amusant, non?

Numéro 6

__________________________

Imaginez un peu...

En tant que fan de femmes musclées, vous essayez d'assister au maximum de compétitions de body building féminin possible. Vous avez déjà vu des milliers de kilos de muscle sur scène, provoquant à chaque fois une excitation extraordinaire. Vous ne vous lasserez jamais de voir toutes ces femmes exhiber leur énormes muscles virils!

Chacune de ces compétitions est un bonheur sans nom. Vous avez constamment l'impression de rêver, tant ces femmes vous rendent fou de désir... Au point que vous ne pouvez vous empêcher de vous branler toutes les 5 minutes! C'est comme un cinéma porno, mais en 10 fois mieux: ici, les femmes sont réelles! Et en demandant gentiment, vous pouvez même toucher leurs muscles! C'est de la folie!

Alors, une fois encore, en allant à cette nouvelle compétition, vous vous attendez à passer un moment incroyablement excitant. Comme d'habitude, vous avez préparé un stock de mouchoirs en papier et vous portez votre pantalon spécial, celui avec les poches sans fond...

Une fois dans la salle, vous vous précipitez au dernier rang, afin de pouvoir vous tripoter tranquillement. Vous retrouvez certains visages connus, d'autres pervers qui, comme vous, vont se branler pendant toute la compétition.

La salle se remplit, les premières filles arrivent sur scène, jusque là, tout est normal. Vous bandez déjà comme un taureau, tandis que les premières compétitrices font leur routines. Vous avez même le temps de vous branler une fois, en regardant le petit cul musclé de l'une d'elles.

Et puis, on annonce une participante de dernière minute, qui n'était pas là lors de la présentation des filles. Alors, comme tous les spectateurs présents au moment de l'entrée sur scène en musique de ce "Numéro 6", votre cœur s'arrête de battre. Ses pas lourds résonnent dans toute la salle, tant le silence qui a suivi son arrivée est pesant; personne n'ose parler, tout le monde a le souffle coupé...

En la voyant, votre première réaction fut de penser qu'il y avait eu une erreur de programmation, et qu'un homme était monté sur scène. Mais rapidement, votre œil exercé de pervers reconnait en cette masse de muscles une femme: ce délicat sourire, ces cheveux soyeux et ces magnifiques yeux marrons ne peuvent qu'appartenir à une femme!

Mais il est pourtant difficile d'associer ce doux visage avec le corps monstrueux au sommet duquel il se trouve. Epais, lourd, énorme et tellement masculin, ce corps n'a absolument rien de celui d'un femme! Au fur et à mesure de son posing, les gens commencent à reprendre leur souffle, et on entend les premières réactions: "Quelle horreur!" "Regarde! Elle est monstrueuse!" Même vous, qui avez l'habitude de voir des femmes musclées, vous êtes choqué par ce que vous avez devant les yeux. Et pourtant, vous en avez vu des tonnes! Dopées à mort, transpirantes de stéroïdes, avec une mâchoire gigantesque, certaines des culturistes sur lesquelles vous vous êtes branlé avaient vraiment l'air virile et masculine... Mais elles auraient l'air de mignonnes petites filles à coté de la chose qui est sur scène en ce moment!

Si vos yeux ne sont pas encore habitués au grotesque étalage de muscle gigotant sur scène, votre bite, en revanche, devient folle: jamais elle n'a été si grosse! Vous réalisez peu à peu à quel point vous êtes excité par ce spectacle répugnant! Mais comment est ce possible? D'accord, vous aimez les femmes musclées, mais à ce point, ça en devient ridicule! Cette "femme" vous rend pourtant fou de désir...

Et, manifestement, vous n'êtes pas le seul à être dans cet état.. Un peu partout dans la salle, vous reconnaissez les gestes significatifs de ceux qui vont se branler: mains dans les poches, souffle court, sueur... Quelques cris de jouissance étouffés se font entendre par ci par là.. Et "Numéro 6" semble bien les avoir entendu!

Tandis que vous vous branlez comme jamais vous ne l'aviez fait auparavant, vous contemplez cette erreur de la nature que vous avez sous les yeux: chaque éjaculation semble la ravir. "Numéro 6" sait très bien qu'elle est une usine à sperme, et elle adore ça! Dès qu'elle entend le moindre petit cri de jouissance, elle sourit de plus belle! Même ses muscles semblent réagir: on dirait qu'ils grossissent à chaque éjaculation entendue!

Bien entendu, devant un tel spectacle, vous jouissez très rapidement, dans une chaleur jamais ressentie auparavant! Mais le plus dingue est que votre queue est prête à recommencer immédiatement: elle reste dure et semble vous implorer de continuer! Incroyable! D'ailleurs, ne serait elle pas plus grosse que d'habitude?

Bientôt, tandis que vous en êtes à votre quatrième éjaculation, presque tous les spectateurs sont en train de se branler! La salle est devenue un gigantesque cinéma porno, où tous les hommes sont surexcités! Après tout, comment pourrait il en être autrement...  Vous, qui ne cessez de baver devant cette femme, objet de tous vos désirs pervers, savez mieux que les autres pourquoi cette créature vous excite à ce point: des cuisses monstrueuses et noueuses, qui sont une insulte à la féminité, un cou aussi large que celui d'un bœuf, des abdos boursouflés, débordants de partout... Chaque partie de son corps est un hymne à la masculinité! Tout en elle semble hurler "Regardez! Je suis un homme! UN HOMME!"

Jusqu'à présent, vous n'aviez jamais vraiment compris pourquoi ces femmes musclées vous excitaient tant.. Devant ce spectacle aberrant, vous réalisez à quel point ce que vous aimez chez elles, c'est leur coté masculin! Et personne ne pourrait satisfaire autant votre étrange penchant sexuel que cette femme, qui ne cesse de se trémousser sur scène!

L'atmosphère devient de plus en plus lourde, presque irrespirable... La testostérone, qui jaillit littéralement de tous les pores de la peau de "Numéro 6" et l'odeur de sperme qui se répand de plus en plus, rendent l'air presque palpable. Les femmes se mettent à se caresser, troublées elles aussi par la virilité qui se dégage de cette créature. La salle est en transe, hypnotisée par les muscles monstrueux de cette femme...

Vous, de votre côté, vous ne comptez plus le nombre de fois où vous avez éjaculé, tellement votre queue semble insatiable... Vous pouvez presque l'entendre vous hurler: "Branle moi! Encore! Encore!" Votre cerveau est en surchauffe, complètement traumatisé par cette vision de cauchemar... ou de rêve? Vous êtes incapable de détourner le regard de cette femme, qui bouleverse toutes vos références sexuelles: rien ne sera plus jamais comme avant!

Vous êtes tellement troublé que, comme le reste des spectateurs, vous ne vous êtes pas rendu compte que la musique s'était arrêtée, et que le temps imparti à "Numéro 6" était terminé depuis longtemps... Les juges sont tout autant excités que vous, et n'ont pas envie que ce spectacle s'arrête! Alors, en reprenant un peu vos esprits, vous vous apercevez de ce qui est réellement en train de se passer: sur scène, "Numéro 6" contracte ses muscles, les caresse, uniquement pour que la salle entière se masturbe... Elle est une incroyable source de plaisir masturbatoire, consciente de l'effet qu'elle provoque...

Ss muscles semblent se nourrir des cris de jouissance qui éclatent à intervalles réguliers.. Son corps tellement masculin gonfle à chaque soupir de plaisir entendu! A force de grossir, ses pectoraux finissent par faire exploser le haut de son bikini, dans un déchirement sec, mais personne ne réagit, tant il parait normal qu'une telle poitrine soit nue... Vous êtes alors le seul à avoir assez de neurones en activité pour pouvoir apprécier cette merveilleuse poitrine, totalement masculine...

Après avoir fait une dernière pose crabe, "Numéro 6", visiblement rassasiée par tous les orgasmes qu'elle a provoqué, quitte la scène, de son pas lourd et sexy... Il faut alors quelques secondes pour que tout le monde reprenne ses esprits et revienne à la réalité. Certains pensent avoir rêvé, d'autres pensent s'être évanouis... En tout cas, personne ne se souvient de ce qui s'est passé. Le concours reprends alors, doucement, comme si tout était normal...

Et tandis que la prochaine compétitrice démarre son posing, vous savez que vous êtes le seul à vous rappeler de "Numéro 6" et de son corps fabuleux...

Elmanouche

Surréaliste, comme la plupart de tes histoires.
J'aime beaucoup le dessin l'accompagnant sur ton blog.

Et c'est super que tu sois de nouveau actif.

Sinon, question, est-ce que cette numéro 6 a un nom ? Ou sombre-t-elle dans l'oublie après la folie sexuelle qu'elle a provoqué ?
(en gros.. Y'aura une suite ?) xD

K+ en tout cas!

Elmanouche
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

Ozzyfm

Merci camarade!

Je n'ai pas envisagé de suite pour l'instant, navré.. Mais je referai probablement quelques dessins illustrant cette histoire!

Elmanouche

C'était pas simple curiosité, cette histoire ne nécessitant pas forcément de suite.
Mais des dessins seraient bienvenues, effectivement !
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

Elmanouche

Flamme, une odyssée stellaire - I Renaissance [Fr]

[In English:  You are not allowed to view links. Register or Login]

Voici donc ma nouvelle histoire. Un peu ambitieux comme projet, mais ça prendra le temps que ça prendra. C'est une histoire de science-fiction qui j'espère vous plaira. Bonne lecture.
Here's my new, quite ambitious project, only in french for now. This is a Sci-Fi story I might consider translating it, depending on feedback. Thanks anyway for your interest.

S'il vous plait amis lecteurs de français, dites-moi ce que vous en pensez et comment améliorer :D
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2021 C.T. (Calendrier Terrien)
Un tir de bolter passa juste à côté de l'aile de son appareil et Flamme tenta un tonneau pour décontenancer son poursuivant puis vira sur bâbord en lâchant une salve de ses multi-fuseurs. Son adversaire les esquiva habilement et d'une adroite manoeuvre se remis derrière elle.
« Putain il est coriace celui-là. » pensa-t-elle.
Son chasseur léger M4 avait déjà subi quelques tirs, elle le sentait moins réactif et une légère fumée sortait de l'aile droite.
« Mouais, pour la discrétion j'peux repasser. » Maugréa-t-elle.
A ce moment un missile venant de nulle part vint l'abattre, son chasseur tombant comme une feuille morte dans le ciel vert de la planète Blagor. Elle tenta malgré tout de redresser mais son moteur venait de rendre l'âme et le réservoir à énergie manquait d'exploser à tout moment. Son capteur d'altitude semblait encore vouloir fonctionner et elle attendit le dernier moment pour s'éjecter, le parachute gravifique se mettant en fonction immédiatement, mais elle atterrit tout de même lourdement sur le sol appauvri de la planète rouge, glissant le long d'une falaise. Elle parvint tout de même à ralentir sa roulade pour finalement s'arrêter sur un rocher en léger surplomb de la colline qui descendait.

Elle grimaça de douleur en essayant de se relever, tout son corps la faisait souffrir le martyr. Elle vérifia sa combinaison en s'asseyant tant qu'elle put. Elle semblait voir tenu le coup, par contre son bracelet de communication avait l'air d'avoir pris un shoot. Elle sentit un vent d'air frais sur sa jambe gauche et enclencha de suite la segmentation d'étanchéité au niveau de la ceinture.
« Merde... Plus de balise... Et seulement 15% d'air restant... Fait chier ! » Elle donna un coup violent sur le sol qui fit voler un nuage de poussier, son bras puissant et musclé étirant un peu plus sa combinaison. Une explosion résonna au loin.
« Awww... Et v'là mon chasseur en miette ! » Soupira-t-elle en se laissant tomber sur le dos, réfléchissant à comment se sortir de là. Une voir résonna dans son casque.
« Flamme ? Allo allo, Flamme ? Emma ?! »
« Ouais Blue... J'suis là. » Répondit-elle d'une voix souffrante.
« Ton chasseur vient de disparaitre des capteurs, tu vas bien ?! Et pourquoi j'te vois pas ? Flamme ? »
Elle soupira à nouveau.
« Vous avez les esclaves ? »
« Tous sains et saufs mais... »
« Faites gaffe au retour, j'ai été abattu par deux chasseurs M3 Dirniens. Ma balise est H/S et il me reste... 27% d'oxygène... » Elle ne voulait pas l'inquiéter plus que nécessaire.
« Dirniens ?! Mais qu'est-ce qu'ils foutent ici ! Ok, bouges pas, je viens t'chercher.... »
« Non ! »
« Mais... »
« Finissez le boulot, mettez les esclaves en sureté, la mission d'abord. » Dit-elle d'un ton ferme.
« Emma... » Elle entendit la respiration sourde de Blue.
« J'ai pas mal dérivé pour essayer de leurs échapper.... J'sais pas où je suis... Je coupe, j'ai besoin du peu d'énergie qui reste pour le filtrage de l'air... » Ajoutait-elle.
« Flamme !! » Hurla Blue
Emma sourit dans son casque.
« Je te recontacte plus tard Blue... »
« Non att-... »

Elle avait coupé, sa jauge de batterie indiquant 30%. Elle fit un rapide calcul dans sa tête, il lui restait tout au plus quatre heures d'air. Elle restait allongée, respirant doucement, sa forme sculpturale dans sa tenue noire contrastait avec le sol rouge. La douleur dans son bras droit était supportable, le reste de son corps semblait opérationnel. Elle se redressa dans une position assise et une douleur violente explosa sous sa cage thoracique et sa jambe gauche. Elle grinça des dents.
« Merde... Hmmmm... » Se dit-elle en se palpant les côtes. « Aïe ! Ok pété ici. » Elle regarda sur sa jambe, une larme de douleur coulait le long de sa joue. « Fais chier... » Sa cuisse musculeuse était sensible, mais rien ne semblait cassé, juste une belle balafre qui avait percé sa combinaison.
Haletant légèrement, elle observait aux alentour. Rien, le désert. Elle se rallongea doucement.
« Et moi qui voulait changer de vie... haa...» Ce n'était pas la première fois qu'elle disait ça.
Elle observait le soleil orange en plissant les sourcils, son esprit dérivant vers de lointains souvenir, sa vie d'avant, il y a bien longtemps.
« Si longtemps.... »


12 ans plus tôt
Une faible lueur blanche se mit à poindre dans la pièce, Emma était allongée, les yeux ouverts, et observait cette apparition, incrédule. « Quoi ?! » Elle sentait que cela représentait un danger mais n'arrivait pas à bouger, ses membres refusant de lui obéir, comme dans un cauchemar. La lumière crû et l'enveloppa dans un linceul blanc, elle ne discernait rien d'autre. Le salon et le canapé sur lequel elle était allongée semblaient avoir disparu, la nuit elle-même semblait avoir été dévorée par ce faisceau.
Emma se réveilla en sursauts et regarda autour d'elle, tremblante, sa vision s'adaptant peu à peu à la pénombre de la pièce. Elle était toujours dans sa chambre luxueuse du Ritz à Paris. Elle s'assit sur son lit, remontant les draps sur son corps svelte, ses cheveux auburn vif descendant en cascades ondulées sur ses épaules et qui contrastait avec sa peau pâle. Ses yeux bleus gris clair, encore tremblants de son rêve intense, scrutait la pénombre de la pièce. 6h40 indiquait son réveil, il était l'heure de se lever de toutes façon.
Elle appela le service de chambre pour commander un petit déjeuner et se prépara tranquillement. Elle sorti de sa douche, sécha ses cheveux. Elle était un peu plus grande que la moyenne du haut de son mètre soixante-dix et pesait cinquante-huit kilos d'un physique entretenu régulièrement à la salle de fitness. Un ventre plat où se dessinait presque les abdominaux quand elle forçait dessus, des fesses rebondies, des jambes galbées, des petits seins ronds et fermes qui ne tombaient pas. Elle se savait belle, mais n'en abusait pas, ce n'était pas ce qui comptait pour elle et voulait juste se sentir bien dans son corps. Et à 39 ans, elle était plus satisfaite.
Quand elle retourna dans la chambre le petit déjeuner était servi.
« Allez, dernière journée, et enfin des vacances.... » Se dit-elle.

Tandis qu'elle mangeait d'un petit appétit, se concentrant principalement sur le café, elle regardait son planning de la journée et soupira.
Emma Javuis était une femme connue, comme Bill Gates ou les Rothschild étaient connus, valait des milliards, femme la plus riche du monde, elle était aussi personne la plus riche d'Europe, de France et de Navarre (sic). Détentrice de la légion d'honneur pour sa Fondation pour la Réinsertion Sociale qui s'occupait d'aider les sans-abris en France et dans le monde. Elle était aussi connue pour être la P.D.G de Star-Tech, la plus grosse entreprise Française de haute Technologie, qu'elle avait fondée avec son frère il y a une quinzaine d'années. Multinationale tentaculaire, les compétences de Star-Tech allaient de la téléphonie mobile jusqu'aux Datacenters et aux réseaux sociaux. Qui n'avait pas navigué sur le web avec WebV et posté un
statut sur YourSpace ? C'était Star-Tech. Qui est déjà allé faire une IRM ou un scanner ? Star-Tech toujours. Le dernier smartphone à la mode ? Star-Tech encore. Les éolienne et les champs de capteurs solaire qui commençaient à envahir le paysage, toujours Star-Tech.
Du coup, lorsque la semaine dernière, après deux ans de préparation, elle avait annoncé sa démission lors de la Grande Messe annuelle à la gloire du savoir-faire Français – sponsorisé par Star-Tech bien sûr – cela avait fait l'effet d'une bombe. La presse lui était tombée dessus, l'action de Star-Tech avait chuté de 5,5% en à peine une heure – ils avaient prévu 10%, donc ils s'en sortaient bien – et la semaine avait été harassante.

« 9h : réunion avec le conseil des ministres. » Lut-elle.
Il fallait bien les rassurer, Star-Tech était une des rares multinationales à ne pas tricher avec le fisc et à donner l'exemple, le gouvernement voulait savoir s'ils pouvaient toujours compter sur les sous des impôts.
« 11h30 : brunch à l'Elysée. Pff... Et encore un repas gastronomique payé sur le dos du contribuable. J'demanderai à ce qu'ils m'envoient la note. » Pensa-t-elle.
Elle croqua dans une tartine de pain confiture et continua de lire son agenda.
« 13h : Interview à la Maison de la Radio. Claire. »
Elle esquissa un sourire, cela semblait être le seul moment sympa de la journée. Avec les années, Claire Ferroni était devenue une amie et son émission était toujours agréable et intelligente à écouter. « Au moins aura-t-elle la délicatesse de ne pas trop insister sur ma démission. » Se dit-elle. C'était aussi la seule interview officielle qu'elle donnait, elle n'aimait pas la façon dont la presse détournait les propos pour leurs faire dire ce qu'ils voulaient entendre.
« 15h : Visite du squat artistique le 6B. Ah bah j'aurai au moins deux moments sympas aujourd'hui. »
Elle continua sur son agenda, d'autres rendez-vous tous plus ennuyeux les uns que les autres s'enchainaient, elle s'arrêta sur les deux derniers.
« 20h : diner avec Thomas. »
Son frère chéri, le deuxième homme qu'elle aimait le plus après son époux Richard. Cela faisait presque vingt ans qu'ils travaillaient ensemble, au début juste pour pouvoir manger des pâtes le soir en écrivant un pauvre programme de gestion de documents centralisé qui était vite devenu le premier réseau social de l'ère internet. « Les bonnes idées au bon moment. » Aimait-elle à dire à ceux qui voulaient entendre. Mais maintenant, elle était lasse et usée de ce train de vie, Star-Tech était devenu trop gros pour elle et avait perdu de sa dimension humaine. Tom sera plus à même de gérer ça.
« 23h : Jet privé pour Bordeaux et éteindre téléphone du boulot. »
Elle n'attendait que ça, sa nouvelle vie. Se mettre au service des gens plutôt que de les avoir au siens. Elle quittait la présidence de Star-Tech pour prendre la direction de la Fondation, où elle ne comptait pas prendre de salaire, elle pouvait déjà vivre un million de retraite de toute façon.
On frappa à sa porte : « Madame, votre Taxi est en bas. »
« J'arrive ! »


En arrivant à Bordeaux, Emma s'était faite conduire jusqu'au centre-ville où elle résidait puis avait demandé à être déposée à quelques rues de son lieu de résidence, elle voulait marcher de nuit dans la ville.
« Vous êtes sûre, Emma ? Je sais que Bordeaux est une ville calme mais... » Demanda son chauffeur, Bertrand, ancien S.D.F.
« Oui, si ça vous rassure vous n'avez qu'à me suivre avec la voiture. » Dit-elle, irritée de ne pas se sentir totalement libre mais en même temps consciente qu'il ne voulait que son bien.
Les bruits de talons résonnaient d'un pas rythmé sur le trottoir suivis de près par les roulettes de sa valisette et les roues silencieuses de sa sportive électrique de chez Star-Tech évidemment, les lumières des lampadaires jetant leurs ombres blafardes sur les bâtiments. Elle souriait béatement en humant à plein poumon l'air frais, certes un peu pollué, de la ville mais qui avait cette douce odeur de liberté.
Elle arrivait sur la place voisine de sa maison et son sourire s'effaça doucement en voyant un S.D.F. tentant de dormir sur un banc. Les hivers ne sont jamais très froid à Bordeaux, mais tout de même. Elle arriva près de la porte rouge de la cour de son immeuble, qui lui appartenait entièrement, dans un des quartiers aisés de la ville. Celle-ci s'ouvrit automatiquement à l'approche de la voiture.
Emma apostropha son chauffeur et vint à la fenêtre.
« Garez-vous et prenez votre journée demain. » Dit-elle en regardant le sans-abri.
« Madame ? » Répondit-il inquiet.
« S'il vous plait. » Ajouta-t-elle d'une voix douce.
Bertrand sourit intérieurement, encore un qui ne dormirait plus à la belle étoile.

Elle monta les marches menant à son appartement qu'elle partageait avec l'homme de sa vie, Richard. Elle entra doucement et d'un pas leste alla chercher une grosse couverture, puis ressorti de l'immeuble et se dirigea vers le sans-abri. Il ouvrit les yeux à son approche, étonné de la voir déposer l'épais plaid sur lui.
C'était un jeune homme d'à peu près vingt-cinq ans, elle soupira et demanda de sa voix la plus douce.
« Bonsoir, si ça vous dit j'ai aussi un vrai lit à vous proposer dans l'immeuble juste là. »
Il la regarda incrédule, et se redressa d'un bond sur son banc, Emma esquissa un sourire. Il hocha la tête.
« Bonsoir m'dame, c'est gentil mais... »
« ...Vous ne voulez pas déranger. » Elle souriait. « Ecoutez... »
« Non.. » dit-il en lui coupant la parole. « Plutôt... Pourquoi ? »
« Parce que j'en ai les moyens. Si tous ceux qui ont les moyens se donnaient la peine d'aider ceux qui en ont besoin, le monde tournerait bien mieux, non ? »
Il sourit doucement et rassembla sa « maison », un sac à dos bourré d'affaire. Emma repris la couverture qu'elle avait apporté et le mena vers l'immeuble.
« Je m'appelle Emma Javuis. » Dit-elle en tendant sa main, qu'il prit délicatement comme s'il avait peur de la salir.
« Joshua Marchet, merci mille fois.... E-Emma Javuis ?! LA Emma Javuis ? »
« Héhé, c'est moi. »

Ils entrèrent dans la cour de l'immeuble et se dirigèrent vers la porte d'entrée, la passèrent et avancèrent dans le couloir du rez-de-chaussée, elle s'arrêta devant une boite métallique accrochée au mur qu'elle ouvrit, prenant une clé qui fit allumer une LED au orange juste au-dessus, à côté d'autres LED allumées. Plusieurs portes s'alignaient de part et d'autre du couloir.
« Où sommes-nous ? » Demanda le jeune homme, un peu perdu.
« Chez-moi. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont des chambres pour les sans-abris. Il y a une vingtaine de foyers comme celui-ci en France, pour la plupart plus grand. Chaque LED orange indique une chambre occupée. » Expliquait-elle en fermant la trappe de la boite.

Elle le mena au fond du couloir et ouvrit une porte donnant sur une petite chambre d'environ douze mètres carré.
« Voilà, ce n'est pas bien grand mais il y a le principal, un lit, des commodités individuelles, un téléphone et un petit coin cuisine. » Dit-elle calmement.
Le jeune homme entra gauchement et s'assit sur le lit. Emma lui tendit la clé.
« Tenez, remettez-la à sa place quand vous partirez. Maintenant, c'est à vous de voir. Soit vous profitez juste de la nuit, de la douche et continuez de vivre ainsi. Soit vous voulez vous en sortir et vous invite à lire, si vous savez lire... »
« Je sais lire... » Coupa-t-il en se renfrognant un peu.
« Désolée... Mais j'en ai rencontré, du coup je préfère prendre les devants. Depuis combien de temps êtes-vous à la rue ? »
« Huit mois, je crois. » Répondit-il d'un ton exprimant toute la fatigue qui l'habitait.
Elle hocha la tête doucement.
« Je vois. Vous trouverez une liste de numéros utiles ici, médecin, centre d'action social, etc... Si un des appareils est en panne ou si vous avez un besoin spécifique, voyez avec M. Chapuis. C'est le concierge. Un homme un peu rustre mais gentil. Tout est expliqué sur ce « règlement » intérieur. » Elle marqua de ses doigts les guillemets.
« J-Je ne sais pas quoi dire... Je n'ai pas d'argent... Je... » Bredouilla Joshua en baissant la tête.
« Tout est gratuit, mais si vous décidez de rester, j'attends de vous que vous vous sortiez de là. Je ne fournis que le logement et des pistes, à vous de faire votre chemin. » Répondit-elle en le pointant du doigt et en souriant.
Il hocha la tête, ses yeux brillants de fatigue et de reconnaissance. Emma bailla violement.
« Mmf. Excusez-moi ! J'ai eu une longue journée. »
« Oui ! Je comprends Mme Javuis, merci pour tout... »
« Appelez-moi Emma, tous les pensionnaires m'appellent par mon prénom. Bonne nuit Joshua ! »
« Bonne nuit. »

Elle remonta doucement les escaliers qui menaient à son immense loft qui prenait le troisième et quatrième étage au complet. Le cœur léger, elle entra dans son salon, elle vivait sans grands signes ostentatoire de son incommensurable richesse, pas de servants à la pelle, pas de décoration outrancière, pas de manoir/villa à St-Trop', elle n'en avait que faire. Heureuse tout simplement, c'est sans arrière-pensée qu'elle aidait son prochain, ou du moins, avec la satisfaction que son argent et elle servaient à quelque chose d'utile.
Elle accrocha sa veste au porte-manteau et s'étira, gagnant la buanderie pour se changer. Enfilant un t-shirt de nuit, elle palpa ses petits seins ronds qui pointaient à travers le tissu. Elle regarda l'horloge qui affichait une heure vingt en revenant dans le salon.
« Pfff... Déjà... » Se dit-elle en marchant délicatement vers la chambre.

Son mari dormait déjà et elle se glissa près de lui, déposant un tendre baiser sur son front. Elle avait espéré qu'il se réveille mais il n'eut aucune réaction, tout juste un léger ronflement. Elle n'insista pas, lui aussi avait dû avoir une dure journée.
Retournant dans le salon, elle alluma la télévision et mit une émission quelconque en replay, elle avait juste besoin de décompresser un peu. Elle tomba sur l'enregistrement d'un match de Coupe des Champions, du foot.
« Rien de tel pour poser le cerveau. »
Son seul regret, était de ne toujours pas avoir d'enfants, ils avaient essayé, maintes fois. Allant jusqu'à utiliser des techniques de rebouteux « louches ». Emma et Richard avaient bien sûr consulté docteurs et spécialistes, qui étaient arrivé à la conclusion que « Le nid de madame est trop sauvage et les champions de monsieur sont trop mous », en clair rien d'anormal il fallait persévérer, mais il leurs semblait que la chance s'acharnait contre eux.
Alors que les joueurs se démenaient sur le terrain depuis à peine un quart d'heure, elle s'endormit doucement, s'allongeant dans le canapé, la lumière du poste se reflétait sur ses mèches de cheveux rouges cascadant sur ses joues.

Une faible lueur blanche se mit à poindre dans la pièce, Emma était allongée, les yeux ouverts, et observait cette apparition, incrédule. « ...Encore ?! » Elle sentait que cela représentait un danger mais n'arrivait pas à bouger, ses membres refusant de lui obéir, comme dans un cauchemar. « Non ! » La lumière crû et l'enveloppa dans un linceul blanc, elle ne discernait rien d'autre. Le salon semblait avoir disparu, la nuit elle-même semblait avoir été dévorée par ce faisceau. Elle sentait son corps se dissoudre, les molécules de sa peau, son sang, ses cheveux semblaient s'envoler de plus en plus en direction de la source. Et la souffrance fût, déchirante.
« AaaaaaaaAAAAAAHHHHHHHH !!! »

Emma se réveilla en sueur, haletante, son cri l'avait réveillé. Elle s'assit doucement sur le canapé, reprenant son souffle.
« Il... Il était plus intense cette fois... » Pensa-t-elle.
Elle avait l'impression d'avoir quitté son corps un instant et elle observait la pièce pour se rassurer. La télévision était éteinte, pas un bruit dans le salon éclairé par la lumière chaude d'un doux soleil passant au travers de la grande baie vitré. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ce rêve, il venait à elle depuis trois/quatre nuit maintenant. Un morceau de papier sur la petite table basse attira son regard, un mot de Richard.
« Tu dormais tellement bien que je n'ai osé te réveiller.
Passe une bonne journée mon coeur.
Bises.
P.S. : Oublie pas qu'on dine chez ma soeur ce soir ! »

Elle se sentit d'un coup beaucoup mieux, se leva tout en regardant l'horloge qui affichait 10h19 et marcha d'un pas endormi vers la cuisine pour lancer un café. Tandis que la machine à expresso faisait son office, elle retourna dans le salon et mis le CD « Crude » de « We Insist! ». Après un petit déjeuner frugal et un réveil musical des plus efficace, un appel à la femme de ménage pour lui donner sa journée, elle se mit en devoir de faire le ménage elle-même. Non pas qu'il y eut grand-chose à faire.
« Putain que ça fait du bien de ranger ! » S'égosilla-t-elle en en dansant avec son aspirateur sur l'album en vinyle « Songs for the Deaf » de « Queens of the Stone Age ».

Après un léger déjeuner et une petite heure de « GTA IV » sur Playstation 3, un coup d'oeil sur la pendule la fit réagir.
« Oula ! Déjà 14h, Je m'oublie un peu là. » Dit-elle en se levant.
Elle se changea en tenue de jogging qui épousait ses formes parfaites, prépara sa musique sur son smartphone et appela Valérie, une de ses très bonnes amies avec qui elle faisait son sport.
« Allo, Val ? »
« Ah bin il était temps ! Je t'attendais ! » Répondit celle-ci.
« Rhoo, ça va, j'ai quoi... Vingt minutes de retard ? On se rejoint à la salle ? J'y suis dans dix minutes en courant. »
« Ça roule. A toute. »

Elle descendit les escaliers rapidement, se mettant en condition pour son footing, croisa quelques pensionnaires les saluant tous par leurs prénoms. En arrivant dans la cour de l'immeuble, elle se mit au rythme d'un pas de course soutenu, ses fessiers fermes dansant dans son Spandex.
Emma arriva pile vingt minutes après son départ, entra dans la salle de gym alors que son morceau préféré de « Radiohead – Paranoid Android » se terminait dans ses écouteurs qu'elle enleva prestement en voyant Valérie qui lui faisait des signes.
« Ah bah enfin ! J'ai failli t'attendre. » Remarqua celle-ci.
« Pfff, tu sais bien que c'est mon plaisir de te faire poireauter. » Dit en ricanant Emma qui embrassait son amie.
Valérie était une amie de Lycée, et l'était restée inconditionnellement de la réussite professionnelle d'Emma. Valérie était une brune à la peau mate, ses origines espagnoles apparaissant dans son ravissant visage. Plus grande qu'elle du haut de son mètre quatre-vingt, Valérie était aussi bien plus costaude, le fitness étant pour elle plus qu'un passetemps. Elle affichait une musculature prononcée, des abdominaux visibles même au repos, des épaules plus larges que la moyenne, des bras sinueux, des jambes puissantes. Emma l'admirait pour sa persévérance et l'obstination qu'elle avait à toujours vouloir améliorer son physique.

Elles étaient en train de faire des exercices pour le dos, Emma travaillant avec une barre à vide.
« Dis-donc, maintenant que tu es en vacances et que ton boulot va être plus léger, tu vas pouvoir m'accompagner plus souvent non ? Tu disais vouloir faire comme moi un temps... » Demanda Valérie qui surveillait la bonne forme des gestes de son amie.
« Hmmmf... Oui. J'y compte bien. Phhhf. Tu jalouses mes sous. Hmmmf. Je jalouse ton corps, tu le sais bien. »
« Haha arrête, tu es superbe. C'est toi que les gens regardent, pas moi. »
Emma s'arrêta pour la faire une pause à la fin de sa série.
« Je m'en fou de qui les gens regarde... Maintenant que j'ai du temps, je veux être musclée comme toi. » Dit Emma d'un ton assuré.
« C'est pour ça que tu forces comme ça ? »
« Ouaip, et pour pré-compenser le repas qui m'attend chez ma belle-soeur ce soir. »
« Rhooo, c'est celle qui fait ce délicieux dessert ? La sorte de mille-feuille aux agrumes... »
« Oui. » répondit Emma en souriant.
« Oh, tu peux m'en ramener une part si elle en fait s'te plait s'te plait s'te plait ?! »
Emma éclata de rire.
« Heh, ok, s'il y'en a. Mets dix kilos sur la barre, tu veux ? »
« Woo, vraiment sérieuse à ce que je vois. » Nota Valérie en s'exécutant.

Le repas n'avait pas été préparé par Christiane, la soeur de Richard, mais par un ami cuisinier. Ce n'en fût pas moins délicieux, seulement son amie Valérie n'aurait pas de mille-feuille aux agrumes. Emma avait passé une agréable soirée et savourait de rentrer en amoureux avec son homme dont elle tenait le bras tendrement alors qu'ils marchaient dans les rues calmes de Bordeaux. Il devait être une heure du matin, la nuit était dégagée, tellement qu'en faisant un effort d'adaptation on pouvait presque apercevoir les étoiles à travers les lumières de la ville, presque. Richard déposa une bise sur le front de son aimé.

« Dis Emma. J'ai pas mal réfléchis ces derniers temps... Et je me disais qu'on pourrait adopter. » Dit-il calmement.
Emma ne dit rien, interprétant les mots, marchant doucement. « Pourquoi faut-il qu'il parle de ça maintenant ? » Se dit-elle.
« Adopter ? » Finit-elle par répondre. « Pourrais-tu aimer cet enfant autant que si cela avait été le nôtre ? »
« J'en sais rien... » Fit il en soupirant. « Mais tu vas avoir quarante ans, et plus on essaie sans réussir, plus ça devient et deviendra difficile pour toi en cas de grossesse... »
« Je le sais bien ! » répondit-elle sèchement en lâchant son bras et en se mettant à marcher un peu plus vite.
« Il faut toujours qu'il gâche les bons moments... Il croit que ça ne me travaille pas moi aussi ?! » Ragea-t-elle dans sa tête.
Richard, un peu décontenancé par sa réaction, s'arrêta, regarda sa main une seconde puis trotta à hauteur d'Emma.
« Pour-Pourquoi tu réagis comme ça, mon cœur ? »
Elle explosa, c'était la remarque de trop.
« Parce que ! Tu crois que je n'y pense pas ?! Tu crois que je suis jouasse de voir que les années avance et que rien n'arrive ?! » Elle hurlait.
« N-Non mais... » Fit Richard stupéfait.
« On était bien là ! Tranquille ! En amoureux ! Ça fait des mois qu'on n'avait pas un moment à nous ! » Elle haletait, la colère la prenant à la gorge. « Je ne fais que ça penser à notre enfant... Et je sais que je ne suis plus toute jeune... » Elle se mit à sangloter.
« Tu fais chier Richard.» Lâcha-t-elle en se remettant à marcher vite.
« Emma... »
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

Elmanouche

2021 C.T.
« Richard... »
Emma se redressa doucement en position assise, grimaçant de douleur et en se tenant les côtes. Une larme coulait le long de sa joue, elle serra les dents et observa la vallée. Elle l'avait déjà vu dans ses rêves, sauf que ce songe s'arrêtait au moment où son chasseur se faisait descendre. « Concentre-toi. Repasse les images. Tu peux le faire Flamme. » Se dit-elle.
Elle ferma les yeux, essayant de respirer calmement et de faire le vide. Son cauchemar lui revint immédiatement, limpide, aussi vrai que le réel. Réussissant à lâcher l'image de son vaisseau qui tombait comme une feuille morte dans le ciel vert de Blagor, elle le vit, à environ un kilomètre de là, un complexe minier. Elle ouvrit les yeux promptement se retourna, son corps hurla de douleur mais elle n'y pensait plus. Elle ne pouvait se permettre d'avoir mal maintenant.
Elle vit la fumée de son vaisseau écrasé derrière la colline et put s'orienter vers la mine. Trébuchant et boitant, elle commença l'ascension de la pente rouge et nue, d'un pas lent.
« Faut que j'arrive là-haut, et je verrai la mine. » Dit-elle à voix haute, comme pour se motiver.

Le soleil était à son zénith quand elle arriva enfin au sommet, projetant l'ombre de son puissant physique sur le sol rocailleux. Son corps n'était que douleur, ses muscles répondaient à peine, sa jambe gauche se trainait lamentablement sur le sol poussiéreux. Elle suait sang et eaux, la chaleur devenait
étouffante. Il lui avait fallu bien vingt minutes pour monter et en regardant sa jauge d'oxygène elle note qu'elle en avait mangé 40%.
« Super, plus que deux heures et quart de réserve... »
Mais elle voyait le complexe, s'étalant de son métal noir en contrebas. Emma repartit doucement, c'était déjà plus facile de marcher, la pente favorisant sa progression.
Pendant près d'une heure elle marcha, se rapprochant doucement. Alors qu'elle approchait de ce qui semblait être une entrée, elle n'en pouvait plus, sa jambe et ses côtes envoyant des vagues fulgurantes de douleur. Elle grimaçait, serrant les dents. Une crampe démarra dans sa jambe droite et elle tomba de tout son long.
« Ahhhh... Haaa... mmmm... pheww.... » Souffla-t-elle, en tentant de se calmer.
Elle redressa la tête, pris appuis sur ses bras puissants, mais qui à cet instant semblaient aussi faible qu'un nouveau-né, et commença à moitié ramper marcher à quatre pattes. Sa vue se brouillait, des gouttes de larmes et de sueurs perlaient le long de son visage, ses cheveux rouges collés aux joues.
Elle était à peine une cinquantaine de mètres, qu'elle s'écroula, à bout. Son esprit s'embruma alors que disparaissait la porte de son champ de vision. Elle tendit le bras dans un ultime effort.
« Blue... »


27 Février 2009 C.T.
Emma se souviendrait toujours de cette date, mais ne le savait pas encore. Tout ce qu'il lui importait c'était de rentrer. Elle fulminait contre Richard, qui la suivait en l'appelant à discuter.
« Emma s'il te plait... »
Mais quinze années de travail intensif, de privation et de fatigue cumulée bouillonnaient en elle. Elle était usée, se sentait vieille. Elle était en colère contre elle-même se s'être emportée de la sorte, mais trop fière pour l'avouer à son mari. Elle déboula dans l'appartement, se rua dans la chambre et en une trentaine de seconde était dans le lit.
Richard mit cinq minutes à la rejoindre et vint s'allonger à son tour. Il avança la main sous les draps, caressant sa peau. Elle frissonna puis soupira, elle n'arrivait pas à se calmer.
« On en parle demain à tête reposée. Bonne nuit. » Lâcha-t-elle sèchement.
« Bonne nuit Emma. » Murmura-t-il, déçu.

Elle essayait de dormir depuis près d'une heure, la fatigue semblait pourtant présente, mais la colère aussi, ainsi qu'une angoisse qu'elle n'expliquait pas. Comme si elle ne voulait pas dormir. Elle sorti du lit doucement, enfila un pantalon de pyjama et un débardeur et se dirigea vers le salon. Pris la couverture qu'elle avait proposé à Joshua et se glissa dessous, jouant à la console tout en écoutant de la musique sur son smartphone.
Au bout d'une demi-heure, la fatigue fût trop forte et elle s'endormit, les écouteurs sur les oreilles et la télévision allumée.

Une faible lueur blanche se mit à poindre dans la pièce, Emma était allongée, les yeux ouverts, et observait cette apparition, incrédule. « Oh non... » Elle sentait que cela représentait un danger mais n'arrivait pas à bouger, ses membres refusant de lui obéir, comme dans un cauchemar. La lumière crû et l'enveloppa dans un linceul blanc, elle ne discernait rien d'autre. Le salon semblait avoir disparu, la nuit elle-même semblait avoir été dévorée par ce faisceau. « Laissez-moi !! » Elle sentait son corps se dissoudre, les molécules de sa peau, son sang, ses cheveux semblaient s'envoler de plus en plus en direction de la source. Et la souffrance fût, déchirante.
« AaaaaaaaAAAAAAHHHHHHHH !!! »


Emma convulsait de douleur, ses yeux bleus révulsés tournaient au blanc dans ses orbites et ses membres frappaient violemment le sol métallique. Elle gémissait, se bavant dessus, son corps trempé de sueur froide, ses cheveux rouges collés au visage.
Les pas rapides et lourds d'un homme accoururent, il était très grand, un géant presque, à la barbe brune fournie et la peau bronzés. Une cicatrice courait du bas de sa mâchoire, le long de sa joue gauche, jusqu'à ses yeux verts qui vibraient de colère. Il entra dans la pièce de téléportation en donnant direct un crochet du droit dans le visage d'un des techniciens qui s'étala contre le mur sans broncher et frottant sa joue en se relevant.

« Il s'est passé quoi bordel ?! Garsif ! » Hurla le géant.
« J'en sais fichtre rien Capitaine !! On a fait comme d'hab', récup' des données vitales, analyse moléculaire, spatialisation et téléportation.... Comme d'hab' quoi ! » Répondit Garsif, se protégeant légèrement la joue de peur que le colosse lui foute aussi une mandale.
« On était plutôt loin de la cible... » Ajouta Loomsif, qui se remettait de la trempe.
« J'vais t'en foutre du plutôt loin moi.... » Rétorqua le Capitaine qui fit mime de préparer son bras.
Il attrapa Emma dans ses bras comme si elle ne pesait rien.
« Appelez le Doc, qu'il prépare la couveuse pour un phasage ! »

Il marchait vite à travers les coursives du vaisseau, le regard soucieux. La femme de se contorsionnait toujours dans ses bras, mais de moins en moins violemment. Il accéléra, courant presque, passant les sas et passerelles d'un pas assuré.
Le docteur l'attendait, porte ouverte. Le géant s'engouffra dans son cabinet.
« Que s'est-il passé Capitaine ? » Demanda le médecin.
La peau rosâtre du médecin transpirait de stress, il n'aimait pas les urgences et n'aimait pas que le Capitaine le bouscule de la sorte. Combien de fois s'était-il dit qu'il devrait changer de métier.
« La téléportation a mal tourné, Kapnik... Elle déphase. » Répondit ce dernier, allongeant le corps mince de l'humaine dans la couveuse.
C'était une machine que tout bon vaisseau interstellaire se devait de posséder. Elle avait la forme d'une amande géante dont la porte se fermait en coulissant par le dessus. La couveuse permettait des soins rapides et sûrs pour la plupart des maladies de l'univers connu et offrait même des réparations de fracture accélérées. Dans l'espace où chaque homme d'équipage était important, tout temps gagné ne peut-être que bénéfice pour la sécurité du navire. Et cela réduisait la durée des arrêts maladies.
Le docteur se tourna vers la console.
« C-C'est notre colis ? » demanda-t-il.
« Oui. »
« Faut que je calibre la machine... »
« Pas le temps ! Règle-la sur les Dirniens ! » Rétorqua le capitaine.
« Oh... Ok. »
Le docteur Kapnik à la peau rose s'affaira aux contrôles, baissa le couvercle et lança le cycle. Le Capitaine observait le visage de la femme à travers le hublot, serrant les poings.
« Combien de temps ? » Demanda-t-il ?
« Environ une heure... Peut-être plus. Même si vos codes génétiques sont très proches, il faudra sûrement que je fasse des ajustements à la volée... » Il soupira derrière sa console. « Elle est stabilisée... Pour le moment. »
Le capitaine hocha la tête et s'avança vers l'intercom, composa un code et attendit pas plus d'une seconde avant que l'image tridimensionnelle d'un homme, dont les traits trahissaient le réveil soudain, ne se dessine. Il avait la peau bleue pâle, presque transparente, agrémentée d'une barbe drue et noire de trois jours. Ses cheveux longs noirs et lisses tombaient sur ses épaules nues et musclées.
« Ouais Cap' ? » Demanda-t-il d'une voix embrumée de sommeil.
« Blue, surveillance de la couveuse jusqu'à nouvel ordre. » Répondit simplement le capitaine.
Blue regarda son supérieur d'un oeil interrogateur, ses yeux noirs percés de mauve questionnant le Capitaine qui n'ajouta rien. Il hocha subtilement la tête et disparu du champ de vision.

De multiples questions se bousculaient dans la tête alors qu'il arrivait sur le pont principal. Comment la téléportation avait pu causer ça ? Ça ne se rate pas une téléportation et il savait que les jumeaux Garsif et Loomsif avaient fait ce qu'il fallait.
« Capitaine sur pont ! » Beugla un des pilotes.
« Ta gueule. » Rétorqua l'intéressé.
Il prit place dans son siège et regarda un temps la carte du système solaire.
« Cap sur la huitième planète en furtif, la géante bleue. Puis mise orbite du Stallion autour. » Ordonna-t-il.
« Nous ne rentrons pas à la base ? » Demanda le pilote.
« Pas pour le moment, Jar-Jar'Sif, un de nos passagers n'est pas en état de supporter l'hyperespace. » répondit-il d'un ton rauque.
Le pilote n'insista pas et se mit au travail, le vaisseau quittant la face caché de la Lune et s'éloignant doucement de la Terre dans la nuit de l'espace.

Le Stallion était en orbite, l'étendue bleue s'affichant dans toute sa splendeur sur les écrans du pont principal. Le capitaine ne disait rien, restant fermé et silencieux et ses hommes d'équipages ne savaient que trop qu'il ne fallait pas lui adresser la parole dans ces moment-là.
L'intercom se mit à buzzer, un appel du centre médical, il prit la communication aussitôt. Loomsif apparût, sa peau d'ébène et ses iris jaune brillants.
« Cap'taine, on fait quoi des affaires qu'on a TP avec la fille ? » Demanda-t-il avec son regard d'avare.
« Mets les de côté, mais n'y touche plus, ce n'est pas à toi. Est-ce que son appareil électronique aurait-pu perturber la téléportation ? » Il parlait du smartphone.
« Non patron, c'est un bibelot de communication primitif. Mais faudrait qu'j'l'étudie plus en détail pour en être sûr... »
« N'y touche pas pour l'instant. » Ordonna Hirnian.
« Chef ! Oui, Chef ! » Rigola Loomsif en raccrochant.
« Ces deux-là, j'te jure, faudra que je les envois dans l'armée Ga'Loan, ils vont comprendre ce que veut dire le mot discipline... » Grommela-t-il.
Un des pilotes pouffa mais s'arrêta net quand il vit le regard noir du Capitaine sur lui.
« Désolé... »
L'intercom résonna à nouveau, c'était Blue cette fois, en tenue.
« Hirnian, tu devrais venir voir. » Dit Blue simplement.
« Elle est sauve ? »
« Oui, mais viens. » Insista son second.

« Quoi encore ?! » Se dit-il alors qu'il marchait rapidement vers le cabinet du docteur. « Pourquoi est-ce que rien ne veut marcher comme je veux aujourd'hui ? » Il entra en force chez le médecin qui eut un sursaut.
« Alors, quel est le souci ? Elle est devenue verte ? Elle s'est réveillée en psalmodiant des malédictions ? » Demanda le capitaine agacé en s'approchant.
« J-Je la maintiens en sommeil artificiel pour contrôler le réveil. » Balbutia Kapnik. « Ça risque de lui faire un choc... »
En regardant à travers la vitre de la couveuse, Hirnian nota de suite ce qui n'allait pas.

« Bon sang, comment est-ce possible ?! »
« J-Je sais pas Capitaine, c'est la première fois que j-je vois ce genre de phénomène. » Le docteur se faisait tout petit derrière sa console.
« Ouais... Ça fait trop de première fois pour être dû au hasard... » Il réfléchissait à voix haute. « Pourquoi 'Ils' la voulaient 'elle' ...? Blue ! »
« Ouais cap' ? »
« Tu me la mets dans la cabine des invités, tu es son garde du corps. Si elle gémit, tousse ou pète, je veux le savoir. Au moindre signe de réveil tu me préviens. »
« Euh, cap', le réveil c'est quand tu veux, son sommeil est contrôlé. » Nota Blue calmement, même si intérieurement il rigolait, il aimait voir son capitaine s'enflammer de la sorte.
« Oh... C'est vrai. Déplacez-la dans la cabine des invités. Moi je vais voir les jumeaux. Doc', faut que tu me trouves pourquoi elle est devenue comme ça. »
« Oui oui... Analyse génétique et tout, et tout. Tu vas finir par me faire démissionner, j'te jure. » Répondit Kapnik, la voix fébrile alors que Hirnian sortait de la pièce.
« Pfff, tu le feras pas, t'aimes trop ça. » Rétorqua Blue. « Bougeons la 'Belle au bois dormant'. »
« La quoi ? » Demanda Kapnik affairé à mettre la couveuse en mode mobile.
« La 'Belle au bois dormant', c'est un conte terrien. » Répondit Blue
« Le baile o boua dourrmant. » Répéta le docteur. « Mais c'est en quelle langue ça ? Terrien ? »
Blue se mit à rire. « Il y a plus de 3 000 langues sur Terre. C'est du Français. » Ajouta-t-il.
« 3000 ?! » Dit-il, hébété puis imita le son « Furanssé. Mais comment tu sais tout ça ? » Demanda-t-il alors qu'il dirigeait la couveuse qui flottait dans l'air en direction de la cabine.
« Je l'ai appris à l'école. »
« Tu... » Il négocia un virage. « C'est ça, fous toi de moi. C'est des conneries en fait. »

Kapnik observait le dos musculeux de son collègue, Blue était pour lui une énigme à part entière. Déjà personne ne connaissait son vrai nom, et Kapnik soupçonnait que même le Capitaine ne le savait pas. Il se faisait donc appeler 'Blue' un mix entre la couleur de sa peau et le fait qu'il soit jeune, 18 ans. De plus c'était un Karviri, le peuple le plus mystérieux de la galaxie. Peu nombreux, on les disait très précoce mentalement et physiquement, Blue en était le parfait exemple, mais aussi doué d'une extrême longévité. Extrême à quel point, le pauvre Kapnik n'en savait rien, Blue étant le seul Karviri qu'il n'ait jamais rencontré, et avant il pensait qu'ils n'existaient pas, une sorte de légende. Mais il savait aussi que Blue ne mentait jamais, quand il daignait parler.
« Ouaip, à l'école. Du moins, j'ai fabriqué un truc en étant gamin à l'école qui m'a permis d'en connaitre pas mal sur les Terrien. »
« Ah, c'était quoi ? »
« Un récepteur d'onde radio. » Dit Blue alors qu'ils arrivaient à destination.

Blue ouvrit la porte avec son code, elle glissa doucement d'un son feutré. La couveuse s'engouffra dans la pièce sombre qui s'illumina d'elle-même. Les deux hommes manoeuvrèrent le corps d'Emma avec douceur et l'allongèrent sur le lit. Blue fit un état des lieux de la pièce, elle était rarement utilisée. C'était en fait la suite officielle du capitaine, avec commodités personnelles, petit salon et possibilité d'ouvrir une grande baie vitré qui donnait sur l'espace. Mais Hirnian préférait dormir avec son équipage.
Le docteur vérifia qu'Emma se portait bien puis se releva.
« Bon, Je vais analyser ces échantillons de sang. » Annonça-t-il, un peu plus détendu.
Blue hocha la tête et se plaça à la porte après l'avoir fermé.


La femme se demanda une fraction de seconde si elle dormait encore, mais la sensation d'un étrange tissu sur sa peau la convint qu'elle était réveillée. Le touché de ce drap était étrange, synthétique mais doux et chaud. Puis vint l'irrémédiable question. « Où suis-je ? ». Elle entrouvrit les yeux, il régnait une pénombre dans la pièce ou bien était-ce ses yeux qui devait s'habituer à la faible lumière. Elle nota une deuxième chose étrange, comme une odeur de renfermé, légère qui planait et qui ressemblait à l'air confiné, filtré et stérilisé qu'elle avait eu à sentir dans ses laboratoires. En voulant bouger son corps, elle émit un petit gémissement et ce fut la troisième chose étrange : sa voix ! « Mon dieu... Pourquoi j'ai une voix... D'enfant... ? » Se dit-elle. Elle commençait à paniquer, sa respiration s'accélérant. Elle sentait son corps, tout fluet sous le drap.
Soudain, elle retint son souffle, à un petit mètre se tenait une forme d'apparence humaine mais dont les yeux noirs brillaient d'un éclat violet. La forme se mit à parler d'un Français approximatif et d'une voix d'homme douce et calme :
« Pardon, je vous fére peurr. »

Il tendit la main doucement, comme pour serrer la sienne. Elle regarda la main, incrédule, la peau de l'homme était bleue pâle. Elle releva la tête et se rendit compte qu'il essayait de la regarder avec douceur.
« C'est comme ça dit bonjour, no ? Je s'appèle Blue. » Continua l'homme qui lui sourit, révélant ses dents légèrement bleues elles aussi.

Emma tendit sa main pour serrer la sienne et sentit son esprit vaciller en voyant sa petite main. Que faisait-elle là ? Pourquoi avait-elle un corps d'enfant ? Qui était cet homme à la peau bleu qui ne semblait pas lui vouloir de mal ? Elle prit une profonde inspiration, la panique n'avait jamais fait partie de son vocabulaire, ce n'est pas maintenant que ça allait commencer. Elle sourit à son tour en pensant : « Autant jouer le jeu, faut que tu en apprennes plus. »
« Oui. Je m'appelle Emma, Emma Javuis. »

« émmmai. éma.... Emma. » Répéta l'homme plusieurs fois, Elle hocha la tête sur la bonne tentative. « Enchantait, Emma. »

Elle entendit alors deux autres voix venant de plus loin répétant à leur tour son prénom, encore plus maladroitement que Blue. Elle pouffa, tant de leur tentative que pour évacuer sa tension et elle se leva maladroitement du lit. Elle portait encore son pantalon de pyjama et son débardeur, maintenant bien trop grands pour elle, empêchant le futal de tomber d'un geste prompt.
Les deux hommes s'approchèrent en souriant maladroitement. Le premier était un géant de près de deux mètres, ses étrange vêtements parvenant tout juste à contenir sa puissante musculature qui étirait le tissu. Sa peau était plus humaine, bien que très mat, une belle cicatrice courrait le long de sa joue. Il arborait un longue barbe très bien entretenue qui lui arrivait sur le torse et ses yeux verts vifs la regardaient avec bienveillance. Le second était bien plus petit et chétif et sa peau était d'un rose pale, presque comme un bonbon. Ses cheveux d'un magenta sombre étaient tout hirsutes et il la regardait avec curiosité, même si ses yeux aux iris rouges lui donnaient un air d'albinos fou.

Ils firent tous deux une pose avec leurs bras gauches, le repliant à l'équerre au niveau du nombril et baissant la tête, le bras droit se dépliant légèrement avec la paume de la main vers le haut.
« Ça vouloir dire bonjour pour galaxie. » Expliqua Blue.
Emma se mit à imiter la pose poliment puis se retourna vers Blue interloquée.
« La galaxie ?! »
Il ne pouvait en être autrement, car maintenant que sa vue s'était habitué à la pénombre, la pièce dans laquelle elle se trouvait n'avait rien d'humaine. Les murs semblaient métalliques. Le mobilier, bien que familier dans leurs fonctions, était de forme étrange, épuré, plutôt agréable à l'œil.
« Montrons lui la planète où nous sommes, elle l'a reconnaitra. » Demanda Blue.
« D'ac. » Répondit Hirnian, qui s'avança vers un interrupteur au mur.
« Vous êtes sûr ? » Demanda le docteur, toujours sceptique. « Elle semble déjà assez perdue comme ça. »

Emma les écoutait parler et vit le géant appuyer sur un bouton. Leur langue n'était pas désagréable à écouter, un peu chantante, même si elle n'arrivait pas à discerner de mot, pour le moment. Une légère vibration se fit sentir et un panneau mural se mit en mouvement, elle s'en écarta par réflexe et elle senti une main chaude dans son dos, c'était celle de Blue.
« Regarder. » Dit-il simplement.
Elle s'avança doucement sur la baie vitré, légèrement 'fumée' qu'elle devina être un filtre pour se protéger des rayons nocifs d'un soleil. Les étoiles se dessinaient à perte de vue, et en contrebas, sous la calandre du vaisseau, la masse bleue majestueuse de Neptune.
« Wooo... Putain d'merde... Ohhh... Fais chier ! Oh putain.... » Ne put s'empêcher de lâcher Emma, sous le choc. Se donnant des claques comme pour vérifier encore une fois qu'elle ne rêvait pas.
« La vache... Dites-moi qu'c'est pas vrai... » Ajouta-t-elle.

Blue haussa les épaules vers ses collègues d'un air de dire « J'comprends pas. ». Elle respira fort un instant et s'approcha encore de la vitre, son front se collant dessus, se mit à genoux et sanglota doucement, prise d'un léger vertige. Se doutant de la réponse elle posa la question.
« Est-ce que... Je rentrerai un jour chez moi ? » Demanda-t-elle.


2021 C.T.
Un bruit d'alarme résonnait dans son casque, elle ouvrit les yeux péniblement. Sa jauge d'air et de batterie indiquait chacun 3%. Elle se mit difficilement à genoux, grimaçant, puis finalement debout.
Regardant fixement la porte à cinquante mètre, elle coupa complètement l'alimentation de sa combinaison. « Je vais t'atteindre, et j'ai besoin d'énergie. »
Elle se remit en marche, lentement mais sûrement, ses muscles se gonflant sous l'effort. Elle progressait bien, sa perte de connaissance l'ayant remise d'aplomb, un peu.
Elle s'appuya sur la porte et tâtonna pour trouver l'interrupteur. « S'il te plait fonctionne ! » Sa main agrippa le levier qui était sur le côté, l'abaissa.
Rien.
« Merde ! »

Reprenant son souffle, elle se mit face à la porte, vit les deux poignées. « Ok, si tu veux jouer à ça... » Elle prit les poignées dans les mains et se mit à essayer de les écarter. Ses côtes lui firent immédiatement mal, mais elle continua de forcer, ses dorsaux s'étirant, ses bras gonflant sous la pression de ses muscles. Elle souffla, pouffa, puis sentant que ça ne voulait pas bouger se mit à pousser de toute la puissance de sa jambe restante sur une seule poignée.
« Alleezzzz... ! » Ragea-t-elle contre la porte.

Et dans un ultime effort, la porte céda, doucement, lentement, grinçant sous la pression des muscles de Emma, jusqu'à ce qu'elle puisse se glisser dedans.
Flamme tomba de tout son long, la porte de refermant rapidement dans un claquement sourd. A tâtons, elle ralluma sa combinaison et lança une analyse de l'air. Elle haletait, sa combi devenant irrespirable, en s'enfonçant dans le couloir obscur. Son casque sonna deux fois, lui indiquant le résultat, et elle enleva promptement son casque, prenant de grande goulée, certes un peu vicié, mais respirable.
« Ahhhhhh.... Hahahahaa... Phewww...»

Sur le Stallion, en orbite autour d'une des lunes de Blagor, le visage de Hirnian était terne. Blue ne tenait pas en place.
« Laisse-moi y retourner... » Dit-il enfin.
« Non, on attends encore une demi-heure et on s'en va... » Commença-t-il.
Blue se retourna violemment, en rageant.
« Blue attends... »
A ce moment, un double bip se fit entendre.
« Un message crypté cap'taine. » Annonça Garsif en se retournant avec un grand sourire de ses dents jaune d'or. « Et c'est le code de la p'tite. »


27 Février 2009 C.T.
Blue se baissa posant la main sur l'épaule de Emma, qui la sentant, compris la réponse.
« Désolé... Pas possible... Nous avoir casser beaucoup de règles à venir. » Dit-il calmement.
« Mais... Pourquoi ? Pourquoi être venu ? Et pourquoi moi ? » Demanda-t-elle, s'étonnant encore de sa voix enfantine.
Blue se tourna vers son capitaine.
« Que veut-elle savoir ? » Interpréta Hirnian.
« Pourquoi nous sommes venu sur Terre pour la prendre elle. »
« Dis-lui. »
Il hocha la tête, tournant sa tête vers Emma qui le regardait les yeux empli de larmes.
« Tu es commande, nous pas savoir pourquoi et... » Dit-il calmement et il continua alors qu'elle le regardait ne sachant que dire.
« La... Terre être sanctuaire. Interdit. Berceau civilisation galaxie. Nous appeler elle : La Mère. »


La suite au prochain chapitre !
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

1dardan

C'est très bon tout ça, j'aime beaucoup. Il y a peu d'histoires en français de cet acabit (normalement, c'est surtout des histoires de domination, ballbusting, jiujitsu ou autre qui est populaire au pays du fromage). Bon, pour l'instant, c'est surtout du tease, et on a pas vu beaucoup de muscles, mais je sens que ça va arriver: puisque Emma à rajeunit dans le flashback, et qu'elle a maintenant dix ans mettons, cela lui fera 22 ans dans le "présent", et je pense qu'elle aura profité de cet intervalle pour prendre quelques kilos dans le bon sens. En outre, j'ai relevé une certaine "frenchitude" assumée qui est très drôle et apporte une dose d'originalité à l'histoire ( les passages avec les SDF, la Grande Messe du Savoir-Faire français, que le monde nous envie, monsieur!). Quant à l'héroïne, ben, c'est juste la femme parfaite, quoi: belle, intelligente, extrêmement gentille, et qui joue à GTA IV. Enfin, le côté science-fiction est bien amené, et ça change de l'éternelle rengaine des histoires de couple où la femme devient plus forte, si populaire de part et d'autre de l'Atlantique.

Donc, tu as mon Seal of Approval (ce qui est rare, car je ne le donne le plus souvent qu'aux histoires où les biceps font 50 pouces(oui, j'utilise le système impérial, je suis déjà contaminé), et où l'héroïne se doit de soulever au moins quelques tonnes pour faire bonne mesure).

J'attendrai donc le prochain chapitre de manière calme et composée (parce que la hype, c'est mauvais pour le coeur). Continue comme ça!
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Elmanouche

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Bon, pour l'instant, c'est surtout du tease, et on a pas vu beaucoup de muscles, mais je sens que ça va arriver: puisque Emma à rajeunit dans le flashback, et qu'elle a maintenant dix ans mettons, cela lui fera 22 ans dans le "présent", et je pense qu'elle aura profité de cet intervalle pour prendre quelques kilos dans le bon sens.
J'aime bien le tease  >:D
Mais, sans spoiler, je peux te dire que ça va gonfler  :)

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En outre, j'ai relevé une certaine "frenchitude" assumée qui est très drôle et apporte une dose d'originalité à l'histoire ( les passages avec les SDF, la Grande Messe du Savoir-Faire français, que le monde nous envie, monsieur!).
Of course de cheval! Depuis le temps que les 'ricains sont toujours les "meilleurs" un peu à nous quoi!

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Quant à l'héroïne, ben, c'est juste la femme parfaite, quoi: belle, intelligente, extrêmement gentille, et qui joue à GTA IV. Enfin, le côté science-fiction est bien amené, et ça change de l'éternelle rengaine des histoires de couple où la femme devient plus forte, si populaire de part et d'autre de l'Atlantique.
Carrément, même si j'aime bien lire ce genre d'histoire, mais à écrire c'est chiant, alors que là je prends mon pied et j'espère que le lecteur prendra son pied à le lire.
Quand à la perfection d'Emma.... L'aurais-je faite trop parfaite ?

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Donc, tu as mon Seal of Approval (ce qui est rare, car je ne le donne le plus souvent qu'aux histoires où les biceps font 50 pouces(oui, j'utilise le système impérial, je suis déjà contaminé), et où l'héroïne se doit de soulever au moins quelques tonnes pour faire bonne mesure).

J'attendrai donc le prochain chapitre de manière calme et composée (parce que la hype, c'est mauvais pour le coeur). Continue comme ça!
Content que ça t'ai plu, et merci du retour.
En re-re-re-relisant je me suis rendu compte que j'avais fais pas mal de petites faute d'ortho, j'espère qu'on me les pardonnera.  :shhh:

à bientôt pour la suite!
(dans pas trop longtemps j'espère.)
"Tu veux qu'je l'dise à tout l'monde qu'ton nom c'est pas V12 mais traversdeporcselpoivre ?"
Georges Abitbol

1dardan

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Quant à l'héroïne, ben, c'est juste la femme parfaite, quoi: belle, intelligente, extrêmement gentille, et qui joue à GTA IV. Enfin, le côté science-fiction est bien amené, et ça change de l'éternelle rengaine des histoires de couple où la femme devient plus forte, si populaire de part et d'autre de l'Atlantique.
Carrément, même si j'aime bien lire ce genre d'histoire, mais à écrire c'est chiant, alors que là je prends mon pied et j'espère que le lecteur prendra son pied à le lire.
Quand à la perfection d'Emma.... L'aurais-je faite trop parfaite ?

Personnellement, je trouve que ce genre d'histoire est le seul où avoir une "Mary Sue" peut être une bonne chose, pour peu qu'on reste au premier degré (au second on tombe la plupart dans une forme de parodie pas très subtile). Dans les histoires FMG, c'est la puissance que possède la femme qui la rend désirable, et même si la force et la masse musculaire restent l'attrait principal, chaque qualité augmente potentiellement sa puissance (l'argent par exemple), et donc son attrait CQFD. C'est particulièrement visible dans les histoires de MagnusMagneto, où les femmes deviennent supérieures tant physiquement et mentalement que socialement (même si je trouve que ses histoires commencent à se ressembler de plus en plus).

Sinon, je voulais pas vraiment donner de conseils, puisque mes goûts ne sont pas vraiment ceux de tous le monde. Cependant, j'en ai un quand même qui est peu passe-partout et qui rend à coup sûr toute histoire plus intéressante : comme dirait Etienne Mougeotte "des muscles, des muscles, des muscles et encore des muscles!" ^^
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Ozzyfm

Ah! Une histoire en français, enfin! Je vais m'y plonger dès que j'aurai un peu de temps, histoire de savourer...

El_Roy_1999

Ca me plaît beaucoup. J'aimerais bien lire la suite.
Merci beaucoup pour cette histoire!
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Elmanouche

Content que ça te plaise, la suite est en prépa, j'ai juste fait une pause pour traduire le 1er chap en Anglais.  :)
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Georges Abitbol

middlemarkal

Looking for a nice fbb to share life with
speack french and english